Nouvelle offensive de Macron contre LFI, qualifiée d’extrême gauche et épinglée sur l’antisémitisme

La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur avait adopté la même qualification que le chef de l’Etat français, dans le cadre de l’attribution des nuances politiques pour les prochaines élections municipales.

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Le président français Macron épingle LFI sur ses positions jugées "antisémites" / Reuters

Le président de la République, Emmanuel Macron, a réaffirmé ce dimanche sa classification de La France insoumise (LFI) comme mouvement d’”extrême gauche” et a fermement critiqué certaines de ses positions, estimant qu’elles “contreviennent à des principes fondamentaux de la République”, notamment en matière d’antisémitisme. 

Ces déclarations ont été faites dans un entretien accordé à Radio J, une radio de la communauté juive, et diffusé ce dimanche matin même.

Au cours de cet entretien, Macron a expliqué qu’il n’y avait “pas tellement de mystère” à considérer LFI comme appartenant à l’extrême gauche, une qualification déjà adoptée la semaine dernière par le ministère de l’Intérieur dans le cadre de l’attribution des nuances politiques pour les prochaines élections municipales. Cette décision avait déclenché une vive réaction du parti de Jean-Luc Mélenchon, qui avait dénoncé une manœuvre politique et annoncé un recours devant le Conseil d’État.

Le chef de l’État a également affirmé que, dans les prises de position de LFI — en particulier sur les questions liées à l’antisémitisme — “des expressions antisémites émergent et doivent être combattues”. Il a ajouté que ces propos s’écartaient des valeurs républicaines, tout en soulignant que des éléments similaires pouvaient aussi être trouvés chez certains parlementaires du Rassemblement national, qu’il a également critiqués pour des idées contraires aux principes de la République.

“Il faut faire très attention à l’État de droit”

Interrogé sur la situation de Rima Hassan, eurodéputée La France insoumise visée par une plainte du Parisien après un message publié sur X à l’encontre d’un de ses journalistes, Emmanuel Macron a rappelé l’existence de “circulaires pénales prises par le garde des sceaux (…) pour lutter contre toutes les formes d’antisémitisme et tous les propos antisémites”. “Elles seront appliquées”, a-t-il assuré.

Au cours de cet entretien enregistré à l’Élysée, le chef de l’État a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de “faire très attention à l’État de droit” et de ne pas “mettre en l’air [la] Constitution”, réagissant aux déclarations récentes de Bruno Retailleau évoquant de possibles “dérives de l’État de droit”.

S’il a indiqué ne pas avoir écouté directement les propos du candidat Les Républicains à l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Macron a estimé que les difficultés actuelles pouvaient être traitées “en respectant les contre-pouvoirs, et qu’on doit même le faire”. Il a allégué que répondre aux défis du pays ne doit pas conduire à fragiliser les fondements institutionnels. “Il faut parfois changer des règles, donc l’état du droit, mais il faut faire très attention à l’État de droit, parce qu’il nous garantit la possibilité de vivre libre et ensemble”, a-t-il fait valoir.

La réponse de Bruno Retailleau est intervenue rapidement. Sur X, le président de LR a affirmé que le chef de l’État “a tort”, estimant que “la France a besoin de rupture”. Il a accusé Emmanuel Macron d’être “l’avocat d’une France immobile”, jugeant qu’il “a échoué à réformer le pays” et souhaiterait que “rien ne change après 2027”.