Réunis lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères ont également évoqué l’interdiction d’entrée sur le territoire européen pour les russes ayant participé à la guerre en Ukraine, ainsi qu’un durcissement des règles encadrant les déplacements des diplomates russes.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué que les Vingt-Sept soutenaient politiquement le principe d’une interdiction d’entrée visant les anciens combattants russes. Les modalités techniques doivent encore être définies avant sa mise en œuvre.
Trois mesures sont actuellement à l’étude : une réduction du nombre de visas touristiques délivrés aux ressortissants russes, l’application rapide de l’interdiction d’entrée visant les anciens combattants et une limitation de la liberté de circulation des diplomates russes au sein de l’espace Schengen.
Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, le Danemark et les États baltes, plaident pour un durcissement des règles. Ils invoquent notamment les risques liés aux actes de sabotage et aux tentatives d’attentat sur le territoire européen.
La Finlande et la Lituanie défendent également une réduction des visas touristiques. Helsinki avait déjà interdit, en 2022, la délivrance de visas aux ressortissants russes pour les voyages non essentiels.
La ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, estime qu’une mesure similaire devrait être adoptée à l’échelle européenne.
Règles renforcées depuis 2022
Depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, l’UE a progressivement durci les conditions d’accès à son territoire pour les ressortissants russes. En septembre 2022, elle avait suspendu l’accord de facilitation des visas conclu avec Moscou, rendant les procédures plus longues, plus coûteuses et plus strictes.
En novembre 2025, de nouvelles règles ont mis fin, sauf exceptions, à la délivrance de visas Schengen à entrées multiples aux ressortissants russes résidant en Russie. Ceux-ci doivent désormais présenter une nouvelle demande pour chaque voyage.
Malgré ces restrictions, environ 623 000 visas ont été délivrés à des ressortissants russes en 2025, soit une hausse de 10 % par rapport à 2024. Près de 480 000 d’entre eux étaient des visas touristiques.
La France en a délivré plus de 170 000, l’Italie environ 150 000, l’Espagne près de 100 000 et la Grèce 59 000.
La Commission européenne prévoit de proposer, début 2027, des critères plus stricts pour la délivrance des visas aux ressortissants russes, dans le cadre de la révision du Code des visas.
Déplacements des diplomates
Les discussions portent également sur les déplacements des diplomates russes affectés dans les pays européens. Les règles actuelles leur imposent de notifier leurs déplacements aux autorités des États membres concernés lorsqu’ils voyagent en dehors de leur pays d’affectation.
Les partisans d’un durcissement souhaitent désormais soumettre ces déplacements à une autorisation préalable des pays concernés, afin de limiter les risques d’activités d’espionnage.
Une part des diplomates russes présents dans l’UE est soupçonnée par plusieurs gouvernements européens d’être liée aux services de renseignement russes.
Les mesures envisagées s’inscrivent dans le cadre plus large de la politique européenne visant à renforcer la sécurité du territoire et à maintenir la pression sur Moscou en raison de la guerre en Ukraine.



















