FRANCE
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Crise énergétique en France: 710 millions d'euros d'aides en plus sans convaincre
Face à la crise au Moyen-Orient, le gouvernement français a annoncé jeudi la mise à disposition de 710 millions d'euros d'aides nouvelles face à la hausse du prix du carburant. Une annonce qui ne convainc pas.
Crise énergétique en France: 710 millions d'euros d'aides en plus sans convaincre
Aujourd'hui, le prix du Diesel tourne autour de 2,15 €, le SP98 est à 2,15 € / litre / AFP

"Nous allons aujourd'hui apporter un soutien à hauteur de 1,2 milliard d'euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus besoin : 470 millions d'euros d'aides qui ont d'ores et déjà été annoncées, et 710 millions d'euros supplémentaires", a annoncé le ministre des Comptes publics, David Amiel, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Ces aides concernent les secteurs de la pêche, du transport et de l’agriculture. Les entreprises sont également invitées à verser une prime carburant augmentée à leurs salariés.

Le gouvernement a annoncé la reconduction pour trois mois de l'aide forfaitaire aux carburants, une "aide à l'achat" pour les voitures électriques au bénéfice des chauffeurs de taxi et la prolongation des aides pour le carburant agricole et de la pêche pour trois mois.
Au chapitre des nouvelles mesures, figurent un soutien aux aides à domicile ainsi qu'un doublement de 300 euros à 600 euros de la prime défiscalisée que les entreprises peuvent verser aux salariés dépendant de leur véhicule pour se rendre à leur travail.

“Il faut planifier l’après-pétrole”
Les commentaires ce matin sont plutôt mi-figue mi-raisin. Sur BFMTV ce matin, Marine Le Pen estime que c’est la mauvaise décision. "Si, comme nous le souhaitons, il avait baissé la fiscalité sur les carburants, les Français auraient continué à consommer des carburants dont ils ont besoin pour vivre, pour se déplacer, pour travailler", a-t-elle assuré.
À l’autre bout de l’échiquier politique, Aurélie Trouvé, députée “La France insoumise”, estime qu’il est urgent de planifier l’après-pétrole et elle regrette que le gouvernement n’ait pas fait d’annonce en ce sens.
Selon elle, la bonne mesure pour protéger les Français aurait été le blocage des prix à la pompe comme cela a été fait lors de la guerre du Golfe en 1991.
Le porte-parole du groupe Parti Socialiste (PS) à l'Assemblée nationale, Arthur Delaporte, estime que ces annonces sont "illisibles" pour les Français. Il regrette que le gouvernement refuse de “taxer les profiteurs de crise".
Du côté des professionnels, les réactions ne sont pas plus positives, même s'ils admettent que ces aides sont mieux que rien du tout. La Fédération nationale du taxi se dit insatisfaite. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) admet que la reconduction pour trois mois des aides est nécessaire mais insuffisante.
L'association 40 millions d'automobilistes regrette que les prix à la pompe ne baissent pas. Logiquement, l’organisme plaide pour une baisse de la fiscalité sur les carburants. En France, les taxes représentent 60 % du prix à la pompe.

Une guerre qui plombe la dette française


Déclenché fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran, le conflit au Moyen-Orient a conduit à un blocage du détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié.
Cette quasi-paralysie fait flamber les prix des carburants et renchérit les matériaux dérivés du pétrole comme le plastique. Cette inflation fait aussi grimper les intérêts de la dette publique, alors que le gouvernement veut tenir le déficit à 5 % du produit intérieur brut (PIB).
De nombreux États, membres de l'Union européenne, ont annoncé récemment des mesures pour venir en aide aux entreprises et aux consommateurs pénalisés par l'envolée des coûts de l'énergie.

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Cela va d'une baisse de la fiscalité sur les carburants, comme l'ont fait l'Allemagne ou l'Espagne, à des mesures plus ciblées, comme celles annoncées notamment en Belgique, réservées aux professions les plus affectées.
Le Fonds monétaire international (FMI) avait, quelques heures avant, révisé à la baisse les prévisions de croissance en 2026 de la France - de 0,9 % à 0,7 % -, estimant que le conflit devrait peser sur les finances publiques françaises.

SOURCE:TRT français et agences