MOYEN-ORIENT
4 min de lecture
Gaza : l'envoyé américain au Qatar pour négocier une prolongation de la trêve
L'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient est au Qatar pour négocier une prolongation de la trêve à Gaza. Il soutient Israël, qui propose au Hamas une prolongation de deux mois contre la libération de dix otages.
00:00
Gaza : l'envoyé américain au Qatar pour négocier une prolongation de la trêve
Israël a tué 11 personnes en 24 à Gaza, ici l'enterrement de trois frères. 137 Gazouis ont été tués depuis le débauit de la trêve / AA

L'envoyé présidentiel américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a entamé ce mardi des négociations au Qatar afin d’accélérer la libération des otages israéliens. Ces discussions font suite à la proposition de Tel-Aviv de prolonger de 60 jours l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, a rapporté la télévision publique israélienne.

La première phase de 42 jours de l’accord de cessez-le-feu et d'échange de prisonniers en trois phases — chacune d'égale durée — entre le Hamas et Israël, négocié par le Qatar, l'Égypte et les États-Unis, qui a débuté le 19 janvier, s'est achevée le 1er mars.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a contourné la deuxième phase de l'accord, cherchant à libérer davantage de prisonniers israéliens sans respecter les engagements visant à mettre fin au génocide et à un retrait complet des forces israéliennes de Gaza.

La télévision publique israélienne KAN a déclaré que les discussions de Witkoff avaient pour objectif d’“amener les parties à s'entendre sur la libération des prisonniers“.

Israël estime que 59 otages israéliens se trouvent à Gaza, dont 24 seraient encore en vie, tandis que plus de 9 500 Palestiniens sont toujours incarcérés dans les prisons israéliennes, subissant torture, privations et négligence médicale, ce qui a entraîné la mort de nombreux détenus palestiniens, selon les rapports palestiniens et israéliens sur les droits humains.

La proposition israélienne prévoit la libération de 10 prisonniers israéliens vivants dès le premier jour de la prolongation du cessez-le-feu, en échange d’une extension d'environ deux mois de la trêve, a rapporté la chaîne.

Des sources israéliennes anonymes ont toutefois exprimé des doutes quant à l'acceptation du plan par le Hamas, a ajouté la chaîne.

Le Hamas demande le passage à la phase 2

Le groupe de résistance palestinien reste ferme sur ses exigences : la mise en œuvre  de la deuxième phase de l’accord, qui comprend un retrait israélien total et la fin de l’agression. Le Hamas a également dénoncé l'arrêt de l'aide humanitaire israélienne à Gaza depuis le 8 mars, décrivant cette action comme “un chantage bon marché, un crime de guerre et un coup d'État flagrant contre l'accord de cessez-le-feu”.

La chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que le Qatar, l'Égypte et les États-Unis tentaient d'obtenir un “geste de bonne volonté” du Hamas envers Israël, potentiellement sous la forme d'une libération partielle de prisonniers dans les jours à venir.

Les pays médiateurs souhaitent obtenir une libération partielle afin de prolonger les négociations et d'éviter de nouveaux combats, a-t-elle indiqué.

“L'objectif est une libération partielle afin de gagner du temps pour des accords plus larges, mais nous craignons qu'en l'absence d'accord, Israël ne reprenne les combats”, a déclaré Channel 12.

Le forcing de Washington

La chaîne a cité les médiateurs adressant un message au Hamas : “C'est votre dernière chance d'empêcher Israël de reprendre la guerre ; tout le monde a besoin de temps, y compris vous.” 

Le reportage a ajouté que Witkoff, actuellement à Doha, souhaite parvenir à un accord rapide bénéfique pour les deux parties, incluant la libération de prisonniers supplémentaires pour Israël, un cessez-le-feu à long terme, la levée du blocus sur l'aide humanitaire et des mesures de reconstruction pour Gaza.

Près de 1,5 million des 2,4 millions d'habitants de Gaza sont désormais sans abri, leurs habitations ayant été détruites suite à des destructions massives, tandis que des pénuries délibérées de nourriture, d'eau et de médicaments aggravent la situation, selon des responsables palestiniens.

Plus tôt dans la journée, un responsable du Hamas, Abdel Rahman Shadid, a annoncé un nouveau cycle de négociations, affirmant la position “responsable et positive” du groupe et son espoir de “progrès tangibles” vers la deuxième phase, qui inclurait la fin de l'agression et le retrait des troupes israéliennes.

Mardi, à 19h50 GMT, ni le Hamas, ni le Qatar, ni l'Égypte n'avaient réagi au reportage de Channel 12, ni à un autre reportage similaire de la télévision publique israélienne.

Plus de 48 500 personnes ont été tuées, principalement des femmes et des enfants, lors de l'offensive brutale d'Israël contre Gaza depuis octobre 2023. L'offensive a été suspendue en vertu du cessez-le-feu et de l'accord d'échange de prisonniers.

La Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt en novembre contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza.

Israël fait également face à une procédure pour génocide devant la Cour internationale de justice pour sa guerre contre l’enclave palestinienne.

SOURCE:TRT français et agences