Alors que l'été ne commence officiellement que dimanche, 26 départements sont placés en vigilance orange canicule, de la région parisienne à l'Est, en passant par la Bourgogne. Cet épisode caniculaire "devrait perdurer jusqu'à la semaine suivante", selon Météo-France.
Les conclusions du rapport d’Oxfam tombent à point nommé. Les données collectées auprès des départements français sont claires : la chaleur provoque près de 3 400 décès chaque année.
La chaleur est synonyme de risque sanitaire pour l’ensemble de la population, et pas seulement pour les personnes âgées qui peuvent se déshydrater.
Plus un pic de chaleur dure, plus les risques augmentent pour la population.
Les vagues de chaleur, de plus en plus précoces et fréquentes, augmentent notamment le risque d’insuffisance rénale aiguë (+70 % lors des canicules de plus de sept jours), d’infarctus du myocarde (+7 % lors des 1 % des journées les plus chaudes de l’année) et d’AVC (+3,8 % pour chaque degré supplémentaire au-delà d’un seuil local de température optimale qui varie selon les régions).

Le changement climatique augmente également de 58 % les maladies infectieuses comme le chikungunya, qui progresse plus vite en France que dans le reste de l’Europe sous l’effet de la hausse des températures.
En 2025, l’Hexagone a recensé davantage de cas de chikungunya que l’ensemble de l’Union européenne continentale au cours des 10 années précédentes.
Des hôpitaux incapables de faire face
Dans ces statistiques, une autre réalité apparaît. Les plus modestes paient le prix le plus lourd avec des appartements mal isolés, des maladies mal soignées, etc. À l’été 2025, la mortalité liée à la chaleur a été 31 % plus élevée dans les 10 départements les plus pauvres que dans les 10 départements les plus riches.
L’ONG Oxfam pointe du doigt le manque de réaction des autorités françaises face à un problème qui s’aggrave chaque année. La France connaît en ce mois de juin sa deuxième vague de chaleur, après une première au printemps, en plein mois de mai.
Alors que la France discute du bien-fondé de fermer les écoles lorsque les températures augmentent, et que certaines épreuves du baccalauréat ont été décalées à cause de la chaleur dans les centres d’examen, le rapport d’Oxfam indique que le problème ne touche pas uniquement les établissements scolaires.
Depuis 2000, un quart des lits d’hôpital ont été supprimés, rappelle Oxfam. Certains hôpitaux sont situés en zones inondables (37 %) et, globalement, les chambres des patients ne sont pas équipées d’air conditionné.

Robin Ehl, chargé de campagne et de plaidoyer d’Oxfam France, déplore les choix politiques des gouvernements français de ces dernières années en matière de santé. Selon lui, ils ne prennent pas au sérieux le risque sanitaire lié au changement climatique : "Tous les ans, les hôpitaux font face à un afflux de patients lors des vagues de chaleur et des feux de forêt. Pourtant, le gouvernement les prive de moyens. Continuer à demander des économies à l’hôpital alors que les besoins augmentent est irresponsable et dangereux pour la sécurité des personnes."
Oxfam conclut que face à ce défi climatique, sanitaire et social, les grandes entreprises doivent être mises à contribution pour réaliser les investissements nécessaires. L’ONG a calculé que 17 mois de bénéfices de TotalEnergies suffiraient à couvrir l’ensemble des investissements nécessaires à l’adaptation du secteur hospitalier jusqu’en 2050.




















