Menaces sur le Groenland: les Européens ne voient plus les États-Unis comme des alliés
La revue le Grand Continent publie ce vendredi un sondage auprès de l’opinion publique européenne. Washington n’est plus un allié pour une majorité d’Européens.
Le Forum de Davos en Suisse a vu arriver un Donald Trump qui a calmé le jeu. Le soir-même lors d’un Conseil européen extraordinaire, les cheds d’état des 27 se disaient soulagés mais vigilants, comme dans l’attente d’un prochain coup de boutoir américain.
Les Européens ont apparemment aussi mal vécu ces dernières semaines. Le sondage Eurobazooka, comme le baptise la revue de géopolitique en ligne, le Grand Continent révèle qu’en l’espace d’un an de présidence Donald Trump, les États-Unis ont changé de statut dans l’opinion publique européenne. Washington cesse d’être perçu comme un allié structurellement fiable et extérieur au champ de la guerre européenne.
44 % des Européens jugent désormais que Donald Trump se comporte comme un dictateur et une majorité absolue (51 %) le qualifie d’”ennemi” de l’Europe. Pour 64 % des répondants, la politique étrangère américaine est définie par la “recolonisation” et la “prédation”.
Les coups de boutoir de l’administration Trump contre l’OTAN, l’Atlantisme, ses menaces commerciales ont certes changé la donne mais le dossier groenlandais a fait basculer l’opinion européenne.
Des Européens très critiques envers Trump
D’après ce sondage, les menaces américaines sur le Groenland et le Danemark, ses insultes, ses chantages à l’intervention militaire puis à l’achat de l’île, ont été un point de bascule.
À tel point que 21 % des sondés jugent probable une guerre directe avec les États-Unis — la confrontation avec Washington est considérée comme une menace plus élevée qu’avec la Chine (11 %) et l’Iran (18 %), selon ce sondage.
Les auteurs du sondage indiquent avec étonnement que 63% des Européens sont favorables à l’envoi de troupes de leur pays au Groenland pour défendre le territoire autonome contre les soldats américains.
Sept pays européens ont envoyé quelques soldats la semaine dernière sur l’île de l’Arctique, ce qui a provoqué la colère de Donald Trump.
Le Danemark a indiqué jeudi depuis le Forum économique de Davos qu’il acceptait l’idée d’une force de l’OTAN (la majorité des pays européens en font partie) au Groenland pour assurer la sécurité de la zone.