La Commission européenne a ouvert, le vendredi 26 juin, une enquête formelle afin de déterminer si Sanofi a enfreint les règles de concurrence de l’Union européenne, selon un communiqué officiel de la Commission.
L’exécutif européen soupçonne l’entreprise d’avoir mené une campagne de communication “mensongère” visant à discréditer le vaccin concurrent Fluad, produit par CSL Seqirus, en le présentant comme inférieur à son propre vaccin antigrippal renforcé Efluelda.
Un marché pharmaceutique sensible au cœur de l’enquête
Selon la Commission européenne, l’affaire concerne le marché des vaccins antigrippaux renforcés destinés aux personnes de plus de 60 ans, où Sanofi commercialise son produit sous la marque Efluelda, en concurrence directe avec Fluad.
La Commission estime que Sanofi pourrait détenir une position dominante sur ces marchés et examine des pratiques susceptibles de constituer un abus au sens de l’article 102 du TFUE, qui interdit les abus de position dominante affectant la concurrence au sein du marché unique.
Les éléments contestés par la Commission
D’après le communiqué de la Commission, les soupçons portent notamment sur des allégations selon lesquelles le vaccin Fluad disposerait d’une base scientifique moins solide que l’Efluelda.
La présentation jugeait potentiellement “inexacte” des recommandations nationales de vaccination en Allemagne et en France, notamment certaines recommandations sur Fluad faisant l’objet de controverses scientifiques non résolues.
La Commission indique que ces messages auraient été diffusés principalement auprès des professionnels de santé en Allemagne et en France, selon ses premières constatations.
Procédure et réaction institutionnelle
La vice-présidente exécutive de la Commission chargée d’une transition propre, juste et compétitive, Teresa Ribera, a déclaré “les progrès scientifiques, les évaluations indépendantes et la confiance envers des autorités scientifiques indépendantes sont essentiels aux politiques de santé publique”.
Elle a ajouté que “les vaccins contre la grippe protègent chaque année des dizaines de milliers d’Européens” et que l’enquête vise à lutter contre des pratiques de dénigrement susceptibles de fausser le choix des consommateurs.
À ce stade, Sanofi n’a pas réagi publiquement, selon les informations disponibles.





















