Dans le cadre d’une stratégie triennale visant à lutter contre les mines et les restes explosifs de guerre, la Syrie s’apprête à publier sa première carte nationale recensant les zones contaminées.
La Syrie lancera prochainement sa première carte indiquant la répartition des mines sur l’ensemble du territoire, dans le cadre d’une stratégie sur trois ans destinée à lutter contre les mines et les restes explosifs de guerre, a annoncé lundi le ministre de la Gestion des urgences et des catastrophes, Raed al-Saleh.
“Le Centre national de lutte antimines met en œuvre cette stratégie afin d’identifier les zones contaminées par les mines et de renforcer les efforts pour faire face à cette menace”, a déclaré al-Saleh, cité par l’agence de presse ISNA.
Les mines et les restes explosifs de guerre non explosés figurent parmi les défis les plus graves auxquels la Syrie est confrontée, en raison des risques qu’ils font peser sur les civils, notamment les enfants, ainsi que des obstacles qu’ils représentent pour la reconstruction et l’exploitation des terres agricoles, a-t-il expliqué.
Le ministre a indiqué que son département poursuivait l’élaboration de plans de déminage malgré les difficultés existantes. L’objectif est de protéger les civils et de permettre aux habitants d’utiliser leurs terres agricoles en toute sécurité.
La Syrie coopère également avec l’Allemagne et l’Ukraine afin d’échanger des expertises et de bénéficier de technologies de déminage avancées, a-t-il ajouté.

Une salle d’opérations conjointe avec la Türkiye
Par ailleurs, Raed al-Saleh a annoncé que son ministère oeuvrait pour la création d’une salle d’opérations conjointe avec la Türkiye pour coordonner les interventions d’urgence et la gestion des catastrophes des deux côtés de la frontière.
Ce mécanisme vise à accélérer la coordination et les interventions en cas d’incendies, d’inondations et d’autres catastrophes, a-t-il précisé.
Les autorités syriennes font régulièrement état de morts et de blessés dans des explosions provoquées par des restes de guerre issus du conflit mené par le régime de Bachar al-Assad contre les civils entre 2011 et 2024.
Le conflit a fait des centaines de milliers de morts et de blessés et provoqué d’importants dégâts aux infrastructures, avant que les combattants de l’opposition n’entrent dans Damas le 8 décembre 2024, entraînant la chute du régime Al Assad.
Les autorités syriennes et des organisations internationales, dont le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), poursuivent des opérations dans plusieurs régions du pays afin de détecter les mines et les munitions non explosées laissées par la guerre.
Selon les données du Landmine Monitor, les restes explosifs de guerre ont tué ou blessé plus de 13 000 personnes en Syrie depuis 2011.





















