Le procès en appel de Marine Le Pen s'ouvre, sa candidature à la présidentielle de 2027 en suspens
Marine Le Pen, cheffe des députés du RN, a été condamnée en mars dernier à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ferme, à 100 000 euros d'amende et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
Le procès en appel de Marine Le Pen s'est ouvert mardi. La dirigeante d'extrême droite française espère faire annuler sa condamnation pour corruption et sauver sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Cette audience intervient après qu'un tribunal français lui a interdit de se présenter à des élections pendant cinq ans, suite à une affaire de fraude aux emplois fictifs au Parlement européen, impliquant également d'autres responsables de son parti, le Rassemblement national.
Mardi après-midi, Marine Le Pen est entrée dans la salle d'audience bondée, accompagnée de deux avocats, dans l'espoir de se présenter une quatrième fois à la présidence.
Âgée de 57 ans, elle est apparue dans le box des accusés vêtue d'une chemise rose et d'une veste bleue, afin de décliner son identité.
Si la Cour confirme le jugement de première instance, Marine Le Pen sera définitivement interdite de candidature à l'élection présidentielle de 2027, considérée par nombre d’observateurs comme sa dernière chance d'accéder à la présidence.
Elle risque à nouveau la peine maximale, soit 10 ans de prison et une amende d'un million d'euros (1,16 million de dollars), si son appel est rejeté.
Elle pourrait toutefois demeurer éligible si la Cour prononce une interdiction de candidature plus courte ou renonce à une peine de résidence surveillée.
Bardella en représentant
Plus tôt dans la journée, Marine Le Pen a déclaré espérer que la Cour entendrait sa version des faits. L'audience devrait durer un mois et une décision est attendue cet été.
Douze des accusés, ainsi que le parti d'extrême droite lui-même, ont fait appel du verdict. Douze autres prévenus, dont une des sœurs de Marine Le Pen, ont décidé d'accepter leur condamnation sans faire appel. Une autre personne condamnée est décédée depuis.
Le verdict initial a porté un coup dur à Marine Le Pen et au RN, qui a connu une ascension fulgurante sur la scène politique française ces dernières années.
Le tribunal l'avait reconnue coupable, aux côtés de 24 anciens députés européens, assistants et comptables, et le parti lui-même, d'avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un système visant à détourner des fonds du Parlement européen afin de rémunérer des salariés du parti en France.
Les juges avaient justifié leur décision de l'empêcher de se présenter, arguant que les élus ne devaient pas bénéficier d'un "traitement de faveur" et invoquant le risque de récidive.
Arrivée troisième à l'élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen s'est qualifiée pour le second tour en 2017 et 2022, mais a été battue à chaque fois par Emmanuel Macron.
Cependant, l'issue de l'élection de 2027 pourrait être différente pour l'extrême droite, Emmanuel Macron étant inéligible en vertu de la Constitution française.
Selon un sondage Verian réalisé pour Le Monde et publié dimanche, environ 42 % des Français déclarent adhérer aux "idées défendues par le RN", contre 29 % avant l'élection de 2022.
Si elle ne peut se présenter, Marine Le Pen a indiqué que son principal collaborateur, Jordan Bardella, président du RN et non mis en cause dans le procès, pourrait la représenter. "Bardella peut gagner à ma place", avait-elle affirmé en décembre.
Mais Bardella a estimé lundi qu'une décision empêchant Le Pen de se présenter "serait profondément inquiétante pour la démocratie" et a insisté sur le fait qu'il n'était pas candidat à la présidence, mais au poste de Premier ministre.