4e visite d’Emmanuel Macron en Inde

Le président français débute aujourd'hui une visite de trois jours en Inde. Il participera à la cérémonie en mémoire de l’attentat à Bombay de l’hôtel le Taj Mahal.

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Le président français et son épouse ont assisté à la cérémonie en mémoire de l'attentat du 17 février 2006 à Bombay / AFP

C’est une visite teintée d’intérêts commerciaux et de partenariats techniques. Les médias français annoncent en boucle ce mardi que l’Inde vient de confirmer son intention de passer une commande record d'avions de combat français Rafale: 114 en tout pour une facture de près de 30 millions d’euros. Dans les faits, le contrat n’est pas encore bouclé. Il doit être avalisé par la société Dassault mais l’Elysée se dit “optimiste”.

Ce serait tout de même un contrat sans précédent. New-Delhi a déjà passé commande de 36 Rafale pour son armée de l’Air en 2015 et de 26 autres pour sa marine en 2025.

Ce mardi, le président français et le Premier ministre indien Narendra Modi inaugureront une chaîne d'assemblage d'hélicoptères civils et militaires Airbus H125 à Bangalore. Emmanuel Macron se rendra ensuite à New Delhi mercredi et jeudi pour un sommet sur l'intelligence artificielle. 

La visite se définit donc bien comme une visite commerciale, industrielle, avec des transferts de technologie. Les Rafale seraient ainsi construits en Inde. En 2014, le premier ministre nationaliste, Narendra Modi, a lancé le programme “Make in India”. Il veut, ainsi, renforcer l’industrie de défense nationale, en encourageant les entreprises étrangères à produire en Inde. 

La France cherche de nouveaux partenaires

"On cherche à travers cette visite à renforcer encore les coopérations" avec New Delhi et à "diversifier" les partenariats économiques et commerciaux de la France, relève l'Élysée. 

Dans un monde bouleversé par la nouvelle administration Trump qui remet en cause l’équilibre politique et commercial hérité de l’après seconde guerre mondiale, la France cherche de nouveaux marchés. Cette visite intervient après que, fin janvier, un partenariat de libre-échange a été signé entre l’Inde et l’Union européenne.

L’Inde est en effet non seulement très peuplée avec ses 1,4 milliard d’habitants mais elle devrait très vite devenir la quatrième économie mondiale.

Le président français et le premier ministre indien vont également “explorer les convergences possibles” pour “défendre et promouvoir le multilatéralisme à un moment où il est particulièrement remis en cause”, souligne l’Elysée. L’heure est donc au rapprochement et certains dossiers risquent de ne pas être évoqués.

L’Inde est adepte du multi-alignement, elle est amie avec tout le monde en d’autres termes. Elle n’a jamais condamné la guerre en Ukraine et achète du pétrole russe. New-Delhi est proche des Etats-Unis pour ses débouchés commerciaux. Une politique très pragmatique qui peut fâcher certains. Donald Trump fait actuellement pression sur l’Inde justement parce qu’elle achète du pétrole russe.

Les ONG des droits de l’homme espèrent que le président français évoquera avec le Premier ministre indien  la situation des musulmans en Inde. La communauté y est régulièrement attaquée et vilipendée par les autorités indiennes.