Le scrutin est à peine terminé que les attaques fusent envers le Premier secrétaire du parti socialiste qui joue, semble-t-il, sa tête. Les alliances locales scellées entre La France insoumise et le parti socialiste n’ont pas fonctionné. Elles ont même conduit à la perte de mairies comme à Limoges, Clermont-Ferrand ou Brest.
Le PS oublie que dans certaines de ces localités, il n’était pas arrivé en tête au premier tour. Pourtant des ténors du parti comme les députés Boris Vallaud ou Jerôme Guedj, veulent n’y voir que la seule responsabilité de LFI, accusée d’avoir fonctionné comme un repoussoir auprès de l’électorat socialiste.
Ce lundi, Boris Vallaud expliquait sur RTL que La France insoumise “nous a fait perdre”.
Un candidat unique de la gauche en 2027 semble donc impossible pour l’heure. Pourtant, en 2024 lors des législatives, lorsque la gauche s’était unie au sein du Nouveau Front populaire, elle avait marqué des points. Pour rappel, la gauche n’est pas arrivée au second tour de la présidentielle depuis 2014.
À droite, le refrain de l’Union des droites
Dans le camp de droite, tout le monde appelle à l’union. Entre les deux tours, les médias Bolloré ont d’ailleurs instillé cette petite musique dans l’oreille des électeurs. Selon un sondage de l'institut CSA pour Europe 1, CNEWS et Le Journal du Dimanche, dévoilé ce jeudi 19 mars, 70% des Français de droite sont favorables à des alliances entre LR et le RN pour le second tour des élections municipales. Et cette stratégie est répétée depuis des mois par le chef des députés Républicains à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, qui envisage une alliance allant jusqu’à Reconquête, le petit parti d’extrême droite, mais sans le RN.
Gérald Darmanin, autre potentiel candidat à la présidentielle lui, a dès dimanche 22 mars plaidé pour une ouverture d’union en incluant le parti socialiste.
Que dit le vote des Français ?
En parallèle de ces stratégies présidentielles qui se dessinent déjà, que disent les votes des électeurs lors de ces municipales ? Tout d’abord, la moitié des Français seulement a voté: le taux de participation aux deux tours s’est situé autour de 57% des électeurs inscrits. L'abstention s’élève donc à 43% selon Ipsos et Ifop, soit le plus fort taux d’abstention enregistré hors crise sanitaire.
La carte des votes de ces élections municipales dessine une géographie de fracture territoriale marquée. La gauche domine dans les centres urbains. La droite conserve de solides bastions dans les villes moyennes.Le RN et LFI, pour leur part, progressent dans les zones périphériques ou populaires. Cette dynamique oppose métropoles et zones rurales ou périurbaines.
En d’autres termes, les extrêmes progressent dans la ruralité ou les anciens bastions industriels ou populaires. Le Rassemblement national engrange de nombreuses municipalités dans les villes moyennes, dans ces villes moyennes qui sont à l’écart des grands mouvements économiques ou qui souffrent de la désindustrialisation. Le parti de Marine Le Pen gère aujourd’hui 71 communes contre 14 en 2000 et compte désormais 3 000 conseillers municipaux.
La France insoumise se déploie dans ces quartiers populaires qui ont été délaissés par les socialistes et que les communistes ont perdus au gré des crises économiques et sociales comme Vénissieux, Vaux-en-Velin ou Roubaix.
Ainsi, les élections municipales de 2026 en Île-de-France indiquent une recomposition de la "ceinture rouge" historique (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) et est marqué par l’émergence de jeunes maires issus de l’immigration comme Bally Bagayoko, LFI-PCF à Saint-Denis, , Mehdi Nezzar au Bourget, Demba Traoré au Blanc-Mesnil, Melissa Youssouf à Villepinte,, Aly Diouara, député LFI à La Courneuve ou encore Adama Gaye à Mantes-la-Jolie et Bassi Konaté à Sarcelles.














