L’étude nationale annuelle du ministère de l’Intérieur est alarmante. 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025 en France, selon les dernières données du ministère de l’Intérieur.
Ce même ministère avait recensé, pour l’année 2024, 107 féminicides commis par un conjoint ou ex-conjoint, un chiffre qui était déjà en hausse.
"Comme les années précédentes, les femmes sont les principales victimes des morts violentes au sein du couple. Elles représentent 82 % du total des victimes", indique l’étude. Le nombre d’hommes victimes s’établit à 25 sur les 136 morts violentes au sein du couple recensées en 2025.
"En moyenne, un décès est enregistré tous les trois jours", ajoute le bilan annuel. En 2025, 435 tentatives d’homicide au sein du couple ont par ailleurs été recensées. "Le profil type de l’auteur reste majoritairement masculin, le plus souvent en couple", tandis que "le profil type de la victime est très majoritairement féminin", constate l’étude.
"Les faits sont en majorité commis au domicile du couple, de la victime ou dans un lieu public, sans préméditation, principalement avec une arme blanche ou une arme à feu", selon l’étude.
D’autres chiffres interpellent, car 37 % des femmes victimes avaient déjà subi des violences antérieures. 61 % de celles-ci avaient signalé ces violences à la police et à la gendarmerie et, parmi elles, 88 % avaient déposé plainte.
Une cause nationale depuis 2019
Les actes de violence à l’encontre des femmes sont réprimés de plus en plus sévèrement en France. Les associations demandent davantage de prévention, une meilleure écoute et un meilleur traitement des plaintes.
Le Grenelle contre les violences conjugales, lancé le 3 septembre 2019, comprenait 46 mesures phares, dont la création de milliers de places d’hébergement d’urgence et le renforcement des dispositifs d’alerte, comme le téléphone Grave Danger (TGD) ou les bracelets anti-rapprochement.
Mais, année après année, les associations pointent du doigt une réponse judiciaire trop lente ou absente, ainsi que la saturation des hébergements d’urgence.
La loi intégrale va-t-elle changer quelque chose?
La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) a été adoptée à l’unanimité en première lecture par l’Assemblée nationale le 13 octobre 2026.
Elle ambitionne d’améliorer la prise en charge des victimes en agissant sur toute la chaîne, du repérage à la condamnation. Il est prévu de créer des unités de police spécialisées et de mettre en place une justice spécialisée avec un "socle minimal d’enquête".
Reste un écueil de taille: sans moyens financiers, cette loi restera une loi rangée sur une étagère. Un budget de trois à quatre milliards d’euros par an est nécessaire.
Le mot féminicide a été biffé du texte de loi face à l’opposition du Rassemblement national et des Républicains.





















