Le discours du président du Rassemblement national (RN) a été interrompu dimanche à Orléans par des militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), venus dénoncer le racisme et l’antisémitisme qu’ils imputent au parti.
L’incident s’est produit dimanche, lors du congrès du Rassemblement national organisé à Orléans, dans le Loiret. Alors que Jordan Bardella prenait la parole devant les cadres et les sympathisants du parti, plusieurs militants de l’Union des étudiants juifs de France ont déployé une banderole dans les tribunes “Bardella réélu : le racisme et l’antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire !”.
L’action visait, selon l’UEJF, à dénoncer le racisme et l’antisémitisme qu’elle attribue au parti d’extrême droite et à son président. La banderole a rapidement suscité des réactions hostiles dans la salle. Des participants ont hué les protestataires et scandé “Dehors”, tandis que la banderole était déchirée. Le service d’ordre du RN est ensuite intervenu pour évacuer les militants.
Jordan Bardella a interrompu son discours pendant quelques instants et appelé ses partisans au calme. Il les a invités à ne pas “faire de publicité à l’ultragauche”, avant de lancer La Marseillaise, reprise par une partie du public. Le président du RN a ensuite poursuivi sa prise de parole.
L’UEJF dénonce des violences et annonce une plainte
Après l’incident, l’Union des étudiants juifs de France a affirmé que ses militants avaient été violemment pris à partie lors de leur évacuation. L’association évoque notamment un membre étranglé et un autre blessé au nez. Elle a annoncé son intention de déposer plainte pour “violences en réunion”.
L’UEJF a également contesté les accusations de Jordan Bardella, soulignant que ses militants étaient venus dénoncer le racisme et l’antisémitisme et rejetant leur assimilation à l’ultragauche. L’organisation a insisté sur son identité et son engagement contre l’antisémitisme, alors que le président du RN présentait l’action comme une opération menée par des militants d’extrême gauche.
De son côté, Patrice Hubert, directeur général du RN, a contesté la version des faits présentée par l’association, affirmant que le parti disposait d’un récit différent des événements. Il a indiqué que les faits seraient examinés.
Des journalistes également pris dans la cohue
L’incident a aussi touché des journalistes présents pour couvrir le congrès. Youmni Kezzouf, journaliste à Mediapart, a déclaré avoir été violemment évacué par le service d’ordre alors qu’il tentait de filmer la scène. Il affirme avoir été poussé dans les escaliers et rapporte qu’une personne dans le public lui aurait lancé une injure raciste. Un journaliste de Politis a, de son côté, indiqué qu’une personne lui avait arraché son téléphone.
Estimant que leur sécurité n’était plus garantie, des journalistes de Mediapart ont finalement quitté les lieux. Le RN conteste certains éléments du récit des incidents.
Cet épisode intervient dans un contexte de tensions autour du parti. Fin septembre, Mediapart a publié des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, qui conteste en être l’auteur et a engagé une action en diffamation contre le média.
Le congrès d’Orléans, marqué par la réélection de Bardella à la présidence du RN, s’est également déroulé dans un climat de mobilisation contre le parti, avec une manifestation organisée en marge de l’événement.





















