MOYEN-ORIENT
5 min de lecture
Gaza meurt de faim et de soif
La situation humanitaire s’aggrave à Gaza où les habitants soumis à des bombardements incessants de l’armée israélienne depuis le 18 mars, subissent aussi la faim et la soif.
00:00
Gaza meurt de faim et de soif
Un bébé palestinien reçoit des soins aux urgences de l'hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 avril 2025. REUTERS/Hatem Khaled / Reuters

Le gouvernement de Gaza a averti que plus de 65 000 enfants sont menacés de famine en raison du siège israélien et du blocus total de deux mois imposé à Gaza sur les approvisionnements essentiels dans le cadre de sa campagne génocidaire contre l’enclave palestinienne.

“L’occupation israélienne fomente une famine qui tue des civils et perpétue un crime systématique contre 2,4 millions de personnes en fermant les points de passage et en bloquant 39 000 camions d’aide transportant de la nourriture, du carburant et des médicaments, en violation flagrante du droit international”, a déclaré le Bureau des médias de Gaza dans un communiqué.

Il a indiqué que toutes les boulangeries étaient hors service depuis 40 jours, privant les civils de pain.

“Plus de 65 000 enfants risquent désormais de mourir d’inanition à cause de la malnutrition, alors qu’Israël utilise la faim comme une arme contre les civils”, a-t-il ajouté.

Gaza “meurt de soif” 

L'Autorité palestinienne de l'eau (PWA) a mis en garde contre la catastrophe humanitaire imminente à Gaza en raison de l'effondrement des services d'eau et d'assainissement dans le contexte de la guerre génocidaire israélienne.

Elle a déclaré que l'enclave était devenue une région  qui “meurt de soif”.

La PWA a accusé Israël de “commettre un crime de guerre grave et systématique en utilisant la soif et la famine comme outils de génocide”.

Elle a déclaré que “l'extraction d'eau à Gaza a diminué de 70 à 80% depuis le début du génocide en cours”.

Pendant ce temps, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Givr, a de nouveau exigé publiquement l'arrêt total de l'aide humanitaire à Gaza, renforçant ainsi la politique israélienne de famine et de génocide contre les civils palestiniens dans l'enclave assiégée.

“J'appelle le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) et mes collègues ministres à revenir sur la décision désastreuse de renouveler l'aide à Gaza lors du prochain conseil des ministres ; une décision contre laquelle j'ai voté lors de la précédente session”, a déclaré Ben-Gvir sur X.

Une famille entière tuée

Sur le terrain, aucun répit pour les Gazaouis, soumis à des bombardements incessants depuis le 18 mars dernier. Au moins dix civils palestiniens, dont quatre enfants, ont été massacrés aujourd’hui, dimanche, dans des bombardements israéliens visant des tentes de déplacés dans plusieurs zones de la ville de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, rapporte Wafa, l’agence palestinienne de presse.

Selon des sources locales, un drone israélien a ciblé une tente de déplacés abritant la famille Al Alami dans la zone d’Al Amal, à l’ouest de Khan Younès, tuant tous ses membres.

Une autre frappe, également menée par un drone, a visé une tente de déplacés dans la zone d’Al Mawasi, au nord de Khan Younès, provoquant la mort de quatre membres de la famille Al Agha.

Malgré le déséquilibre des forces, la résistance palestinienne s’illustre sur le terrain. Selon le quotidien Israël Hayom, des soldats ont été blessés au combat dans le quartier de Shejaiya.

La radio militaire israélienne a indiqué que les soldats avaient été blessés par un engin explosif déclenché lors d'une attaque de ratissage.

Parmi les blessés figurent le commandant du bataillon 6310 et le commandant adjoint de la 252e division, ajoute la même source.

De plus, la branche armée du Hamas met la pression à sa manière sur les autorités israéliennes. Elle a publié une vidéo montrant deux otages israéliens vivants à Gaza. L'un d'eux appelle à la fin de la guerre qui dure depuis 19 mois.

Les médias israéliens ont identifié les deux hommes dans la vidéo non datée comme étant Elkana Bohbot et Yosef Haim Ohana.

L'un d'eux, qui serait Ohana, 24 ans, s'exprime en hébreu dans la vidéo, exhortant le gouvernement israélien à mettre fin à la guerre à Gaza et à obtenir la libération de tous les prisonniers restants – un message similaire aux déclarations d'autres otages dans de précédentes vidéos diffusées par le Hamas.

Indignation à Berlin et Moscou

Au plan diplomatique, le nouveau chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a appelé à des “discussions sérieuses en vue d'un cessez-le-feu” à Gaza, où la situation humanitaire est désormais “intenable”.

Avant sa visite en Israël, M. Wadephul a déclaré qu'il était “impératif d'entamer” des négociations “pour libérer tous les otages et garantir l'acheminement des secours vers la population de Gaza”, selon des propos rapportés par son ministère.

Tout en réaffirmant le soutien indéfectible de l'Allemagne à Israël, le responsable a déclaré qu'il “s'enquerrait de l'objectif stratégique des combats qui se sont intensifiés depuis mars”.

En Israël, M. Wadephul devrait rencontrer ce dimanche son homologue Gideon Saar et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Moscou se dit aussi préoccupé par la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne. Le président russe Vladimir Poutine a qualifié la situation en Palestine d'“événement tragique” et de “catastrophe humanitaire”, critiquant l'interdiction israélienne des livraisons d'aide, la qualifiant de “particulièrement préoccupante”.

Lors de sa rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Moscou, M. Poutine a déclaré que Moscou suivait le conflit israélo-palestinien, qui a coûté la vie à plus de 51 000 personnes, “avec inquiétude et empathie”.

La guerre israélienne  a tué au moins 52 787 Palestiniens à Gaza depuis le 7 octobre 2023, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé de Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Lire aussi: Gaza: les États-Unis prévoient de distribuer de l'aide alimentaire sans Israël



SOURCE:TRT français et agences