Dans un rapport publié lundi, l’inspecteur général du ministère de la Défense fait état d’une “pénurie” dans les réserves stratégiques, après plusieurs mois d’opérations militaires intensives.
Le constat contraste avec les déclarations du président américain Donald Trump, qui assurait encore début septembre que les États-Unis disposaient de “quantités pratiquement illimitées de munitions”.
33,4 milliards de dollars dépensés en quatre mois
Selon le rapport, l’opération américaine “Fureur épique”, menée contre l’Iran entre le 28 février et le 30 juin, a coûté environ 33,4 milliards de dollars, soit près de 29 milliards d’euros. Sur cette somme, 22,3 milliards de dollars ont été consacrés aux seules munitions utilisées lors des opérations.
“Les dépenses en munitions lors de cette opération ont provoqué une pénurie dans les inventaires stratégiques et révélé des goulots d’étranglement au sein des industries pour le renouvellement des munitions”, relève le document.
Le Pentagone souligne toutefois avoir pris des mesures pour accélérer la production et reconstituer ses stocks.

Des stocks déjà sous pression
La reconnaissance officielle de cette pénurie intervient après plusieurs mois de démentis de l’administration Trump. En juillet, des informations de presse avaient fait état d’un rationnement de certains missiles américains, notamment les intercepteurs. Le gouvernement avait alors rejeté ces informations, Donald Trump affirmant que les États-Unis disposaient de “quantités énormes de munitions”.
Le président américain déclarait encore début septembre que les réserves américaines étaient “pratiquement illimitées”.
Le rapport du Pentagone fournit toutefois une image plus préoccupante de l’état des capacités militaires américaines. Selon le document, les représailles iraniennes ont endommagé ou détruit des centaines de bâtiments et d’installations sur des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie.
Le rapport, qui couvre notamment les mois d’avril à juin, fait état de pertes et de dégâts significatifs parmi les appareils américains : quatre chasseurs F-15 ont été détruits, un F-35 endommagé et sept avions ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits. Jusqu’à 30 drones MQ-9 Reaper auraient également été détruits.
Le document estime par ailleurs à plus de 50 000 le nombre de militaires américains impliqués dans le conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
Les représailles iraniennes et celles de ses alliés ont également endommagé des bâtiments diplomatiques américains dans quatre pays : l’Irak, le Koweït, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, selon le rapport.
La reconnaissance de cette pénurie met ainsi en lumière les difficultés auxquelles Washington doit désormais faire face pour reconstituer ses stocks de munitions et maintenir ses capacités militaires, après plusieurs mois d’engagement intensif au Moyen-Orient.
























