MOYEN-ORIENT
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Amnesty: les livraisons d'armes de l'Inde à Israël posent un risque de complicité dans le génocide
L'Inde a continué de fournir des armes à Israël malgré le risque important qu'elles soient utilisées dans le génocide en cours contre les Palestiniens à Gaza, affirme Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 30 juin.
Amnesty: les livraisons d'armes de l'Inde à Israël posent un risque de complicité dans le génocide
Le Premier ministre indien Narendra Modi aux côtés de Netanyahu à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv

Intitulé "Made in India: The Supply of Weapons and Ammunition to Israel", le rapport s'appuie sur des données commerciales détaillées concernant les échanges entre l'Inde et Israël pour montrer comment des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants fabriqués en Inde ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui approvisionnent l'armée israélienne. Le rapport identifie également des entreprises directement détenues et contrôlées par l'État indien.

"Nos recherches révèlent le soutien continu de l'Inde au secteur militaire et de la défense israélien malgré le génocide à Gaza, diffusé presque quotidiennement dans le monde entier depuis des années", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International.

"À la lumière des mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de Justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestiniens à Gaza, les autorités indiennes ne peuvent soutenir de manière crédible qu'elles ignoraient que le fait de continuer à autoriser et à faciliter les transferts d'armes vers Israël comportait un risque important de contribuer à de graves violations du droit international", a-t-elle ajouté.

Les enquêteurs d'Amnesty International ont analysé près de 2 596 expéditions d'armes, de munitions, de pièces détachées et de composants envoyées d'Inde vers Israël depuis le 7 octobre 2023.

Les registres consultés montrent que des entreprises indiennes ont fourni au moins 390 516 pièces pour armes légères de qualité militaire, 564 970 composants de munitions explosives (notamment des ogives de drones, des douilles d'obus d'artillerie et d'autres équipements) ainsi que 298 composants de véhicules militaires à de grandes entreprises israéliennes qui approvisionnent directement l'armée israélienne.

Parmi les entreprises publiques du secteur de la défense, Amnesty cite Munitions India, Advanced Weapons and Equipment India Ltd et India Optel Ltd comme fabricants dont les produits ont intégré les chaînes d'approvisionnement de l'industrie de défense israélienne au cours de la période étudiée. Ces sociétés appartiennent entièrement à l'État indien et ont été créées à la suite de la restructuration de l'Ordnance Factory Board en 2021.

En juin et juillet 2026, Amnesty International a adressé des courriers au gouvernement indien ainsi qu'aux neuf entreprises citées dans le rapport afin de leur présenter ses conclusions. Au moment de la publication du rapport, aucune réponse n'avait été reçue.

Des liens militaires étroits entre New Delhi et Tel-Aviv

L'Inde et Israël entretiennent depuis longtemps des relations étroites dans les domaines de la défense et de la sécurité.

Pendant des décennies, l'Inde a figuré parmi les plus grands importateurs mondiaux d'équipements militaires. Israël comptait parmi ses principaux fournisseurs, en particulier après la guerre de Kargil contre le Pakistan en 1999, lorsque New Delhi s'est tournée de plus en plus vers les systèmes israéliens de surveillance, les drones, les missiles et les munitions de précision.

Selon les données de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), Israël représentait également le troisième fournisseur d'armes de l'Inde entre 2020 et 2025, avec 15 % des importations indiennes d'armement, derrière la Russie (40 %) et la France (29 %).

L'Inde et Israël ont par ailleurs signé, en 2025, un protocole d'accord sur la coopération en matière de défense destiné à renforcer leurs liens militaires, industriels et technologiques.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a, à plusieurs reprises, qualifié son homologue israélien Benjamin Netanyahu de "cher ami", malgré le mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale fin 2024 contre le Premier ministre israélien pour des crimes de guerre commis durant la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza.

SOURCE:TRT français et agences