Ce montant global représente la sanction la plus élevée prononcée par Bruxelles contre une entreprise au titre du règlement européen sur les marchés numériques (DMA), une puissante loi européenne visant à réprimer les abus de position dominante des géants de la tech.
Dans le détail, Google a été sanctionné à hauteur de 460 millions d'euros pour avoir favorisé ses propres services dans les résultats de son moteur de recherche Google Search.
S'y ajoute une seconde amende de 430 millions d'euros, pour avoir empêché les développeurs utilisant son magasin d'applications, le Play Store, d'orienter les clients vers d'autres points de vente virtuels.
"C'est une décision très importante", a affirmé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, soulignant qu'elle visait à "garantir un terrain de jeu équitable" pour toutes les entreprises en ligne.
Le géant technologique américain a de son côté pourfendu cette décision, qui va conduire selon lui à dégrader des services pourtant prisés des internautes.
"Pour nous y conformer, nous sommes obligés de retirer des fonctionnalités de recherche en temps réel que les Européens apprécient, comme l'affichage des prix instantanés et la disponibilité directe des hôtels, des vols et des restaurants, et de démanteler des protections en matière de sécurité sur Google Play", s'est insurgé Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, dans une déclaration transmise à l'AFP.
Cette nouvelle sanction risque d'alimenter la colère de Washington contre la réglementation numérique européenne, que l'administration Trump accuse de cibler injustement les champions américains du secteur.
A ce propos, 25 parlementaires républicains ont écrit cette semaine à Donald Trump pour lui demander d'agir en représailles contre l'UE, si elle persistait à exercer "des lois, politiques ou pratiques discriminatoires dans le secteur numérique", notamment via le DMA, dans une lettre dont l'AFP a consulté une copie.
"Nous avons le devoir de nous assurer que les lois adoptées par nos institutions souveraines sont pleinement appliquées et respectées", a insisté Teresa Ribera, responsable de la Concurrence au sein de la Commission.
"Une dégradation des produits"
Au terme d'une enquête ouverte en 2024, Bruxelles a conclu que Google avait accordé un traitement de faveur à ses propres services de comparaison de prix de vols ou d'hôtels, dans son moteur de recherche, au détriment de ses concurrents.
En outre, la Commission européenne reproche à Google d'avoir pratiqué le "antisteering" au sein de Google Play. Une pratique interdite par le DMA, consistant à empêcher les développeurs de promouvoir d'autres magasins d'applications.
Le groupe, qui a d'ores et déjà proposé ou instauré des mesures pour tenter de se conformer au DMA, va devoir se plier à cette décision dans les 60 jours, sous peine d'amendes supplémentaires.
Google conteste ces conclusions. Le groupe assure que ses résultats de recherche enrichis comblent une demande des internautes, et critique la façon dont le DMA est appliqué par Bruxelles.
"Ce n'est pas une concurrence équitable, c'est une dégradation des produits, dictée par un petit groupe de plaignants motivés par leurs propres intérêts, au détriment des entreprises et des consommateurs européens", a estimé Kent Walker, ajoutant que "la réglementation devrait améliorer les produits, pas les rendre moins bons".
Quant aux changements prescrits au niveau du Play Store, ils poseraient des risques en matière de sécurité, en affaiblissant les contrôles effectués par Google.
Précédemment, Bruxelles avait déjà sanctionné Apple et Meta au titre du DMA, mais pour des montants inférieurs (500 et 200 millions d'euros respectivement).
C'est un nouveau revers pour Google, qui voit les décisions défavorables s'accumuler en Europe.
La semaine dernière, Bruxelles lui a imposé d'ouvrir son système d'exploitation Android à des services d'intelligence artificielle concurrents de son assistant Gemini, et de partager les données récoltées par Google Search avec ses rivaux.
Et la Commission lui a infligé en septembre dernier une amende de 2,95 milliards d'euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne.
Enfin, Bruxelles enquête depuis décembre sur le traitement des sites d'information dans Google Search.






















