Des artistes et des universitaires s’opposent dans une tribune au retour de la Russie à la Biennale de Venise à cause de la guerre en Ukraine.
Sur France Culture, Sylvie Rollet, professeure émérite des universités, a dénoncé jeudi ce choix. Elle fait partie des signataires d’une tribune publiée dans Le Monde le mercredi 22 avril, rédigée à l’initiative d’un collectif réunissant artistes et universitaires. Après quatre années d’absence liées notamment au déclenchement de la guerre en Ukraine, Moscou pourrait donc faire son retour dans l’une des manifestations culturelles les plus prestigieuses d’Europe, dont l’ouverture est prévue le 9 mai.
Selon les auteurs de la tribune, le président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, ancien journaliste issu de la droite radicale, défend cette réintégration en affirmant que l’événement doit être considéré comme un "espace de trêve", une justification vivement contestée.
Pour Sylvie Rollet, également présidente de l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre, l’idée d’une neutralité culturelle est intenable dans un contexte de conflit. Elle souligne que les artistes ukrainiens sont régulièrement pris pour cible, que des musées sont pillés, et que certaines œuvres appartenant à l’État ukrainien figureraient désormais dans les collections officielles de musées russes.
Dans leur tribune, les signataires estiment ainsi que "l’art sert de prétexte pour faire la guerre par d’autres moyens". Sylvie Rollet affirme que permettre à la Russie de participer comme si de rien n’était revient à alimenter une offensive idéologique et informationnelle, dans laquelle sportifs et artistes deviennent des instruments d’influence au service d’un “État impérialiste”.
Menaces de l’UE
La tribune publiée dans Le Monde n’est pas la seule réaction à cette décision. Dès le 8 mars, l’Ukraine avait officiellement demandé aux organisateurs de refuser la participation russe.
Deux jours plus tard, le 10 mars, l’Union européenne a pris position à son tour. Elle a averti qu’en cas de maintien de cette décision, des sanctions pourraient être envisagées, notamment la suspension ou l’annulation d’une subvention européenne accordée à la Biennale. La vice-présidente de la Commission européenne a confirmé que cette option était sur la table.
En parallèle, 22 ministres européens de la Culture ont cosigné une lettre de protestation contre la réintégration du pavillon russe.



















