FRANCE
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Fin du procès de R. Dati: l’ancienne ministre sonnée après des réquisitions dures
Malgré des réquisitions sévères, les avocats de Rachida Dati ont demandé la relaxe de leur cliente. Le PNF a demandé hier quatre ans de prison, dont deux fermes, 450 000 euros d’amende, et l’interdiction de droits civiques et civils pendant cinq ans.
Fin du procès de R. Dati: l’ancienne ministre sonnée après des réquisitions dures
Rachida Dati hier au tribunal de Paris pour la fin de son procès pour corruption

Sans surprise, ils l’avaient annoncé au début du procès, les avocats ont plaidé la relaxe. L’un s’est dit "sidéré" par les demandes du parquet à l’encontre de Rachida Dati. "On veut sa mort civile", selon lui.

Les avocats insistent sur l’absence de certaines parties civiles. Le Parlement européen ne s’est pas constitué partie civile, comme la filiale de Renault et de Nissan, RNBV, structure qui a rémunéré Rachida Dati à hauteur de 900 000 euros, tout comme Renault SA, la tête du groupe cotée en Bourse. Seule Renault SAS, une société de RNBV, est présente sur le banc des plaignants.

La défense s’étonne que Carlos Ghosn, ancien patron de Renault-Nissan, soit mieux traité par le PNF que Rachida Dati. Contre l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, en fuite au Liban et qui est jugé en son absence, le PNF a requis quatre ans de prison avec maintien du mandat d'arrêt international.

Les deux avocats vont énumérer les quelque 36 témoins et attestations avancés par la défense pour prouver le travail de l’avocate Dati pour Renault. Ces mêmes témoins et attestations ont été critiqués lors des débats pour leur approximation.

En RelationTRT Français - Affaire Renault-Nissan: deux ans de prison ferme requis contre Rachida Dati

"Quelle condescendance"

Eurodéputée à l'époque des faits qui lui sont reprochés, l’élue parisienne de 60 ans est soupçonnée d'avoir noué un pacte de corruption avec l'ex-PDG de Renault et illégalement fait du lobbying au Parlement européen pour le compte du constructeur automobile entre octobre 2009 et février 2013, en échange du versement de 900 000 euros.

À la fin de ce procès, la parole a été donnée à Rachida Dati qui a fait face aux procureurs. "Quelle condescendance, quel dénigrement", a-t-elle déclaré lors de ses derniers mots à la barre. "Encore une fois, je ne vous demande rien d’autre que de statuer en droit. Pas de juger ma vie, pas de juger mes frères et sœurs, pas de juger ce qu’on dit de moi", a-t-elle fini par conclure.

Le monde politique français s’est montré extrêmement silencieux après la fin de ce procès. Georges Fenech, ancien magistrat et ancien député RPR, s’étonne tout de même sur CNews de l’extrême sévérité de ces réquisitions, des réquisitions "totalement disproportionnées", expliquant que les magistrats sont toujours plus sévères avec l’un des leurs. Rachida Dati a été garde des Sceaux de 2007 à 2009.

Du côté de la majorité, le silence est total. Est-ce de la prudence, voire de l’embarras, en raison de l'impact potentiel de cette affaire sur l'image du gouvernement ? Rachida Dati a été ministre de la Culture de 2024 à 2026 dans plusieurs gouvernements, dont celui de Sébastien Lecornu, actuel Premier ministre.

La décision des juges est mise en délibéré au 21 janvier 2027.

SOURCE:TRT français et agences