Le ministère de l’Environnement de Basse-Saxe, en Allemagne, a autorisé ce mercredi, sous de strictes conditions de sécurité, l’entreprise Advanced Nuclear Fuels (ANF), filiale du groupe français Framatome, à produire à Lingen du combustible nucléaire sous licence russe.
Le projet prévoit la fabrication d’assemblages combustibles hexagonaux destinés aux réacteurs russes à eau pressurisée VVER, notamment exploités en Europe de l’Est. ANF utilisera des licences et des technologies de TVEL, filiale du groupe nucléaire public russe Rosatom, dans le cadre d’une coentreprise créée en France.
Le ministre régional de l’Environnement, Christian Meyer, a qualifié la coopération avec Rosatom de “fondamentalement mauvaise”, estimant que l’Europe devait réduire ses dépendances à la Russie dans le secteur nucléaire.
La Basse-Saxe affirme toutefois ne pas avoir pu rejeter la demande. Le gouvernement fédéral allemand a estimé que les risques d’espionnage ou de sabotage pouvaient être maîtrisés et qu’aucun motif juridique ne permettait de refuser l’autorisation.
Le Land agissait dans ce dossier pour le compte du ministère fédéral de l’Environnement et était tenu de respecter son évaluation. Le secteur nucléaire russe et les importations d’uranium russe ne sont pas visés par les sanctions européennes adoptées depuis la guerre en Ukraine.
Accès restreint et contrôles renforcés
L’autorisation interdit en principe l’accès au site aux représentants de TVEL et de Rosatom. Leur présence ne sera possible que dans des cas limités et sous la surveillance des autorités.
Les machines et logiciels utilisant la technologie russe devront être soumis à une expertise extérieure et isolés des autres systèmes informatiques de l’usine. Les barres contenant du gadolinium importées de Russie devront également être intégralement contrôlées afin de détecter d’éventuelles manipulations. Le personnel sera régulièrement formé aux risques d’espionnage et de sabotage.
Près de 11.000 personnes avaient participé à la consultation publique organisée autour du projet, suivie d’une audition de trois jours à Lingen en novembre 2024. La coentreprise avec TVEL devait initialement être créée en Allemagne, avant que ce projet ne soit retiré après le déclenchement de la guerre en Ukraine.























