Inculpations et incarcérations dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque

Six des suspects arrêtés après la mort d'un militant d’extrême droite en France ont été inculpés pour "homicide volontaire" et un septième, l'assistant parlementaire d'un député de gauche l'a été pour "complicité d’homicide volontaire".

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Le procureur de Lyon, Thierry Dran, lors de sa conférence de presse ce jeudi 19 février / AFP

Une semaine après le passage à tabac de l’activiste de droite Quentin Deranque, l’enquête a progressé. Sept suspects ont été présentés aux juges d'instruction dans la soirée de jeudi, a précisé le procureur de Lyon (Sud-Est), Thierry Dran, à l'AFP

Quentin Deranque, 23 ans, est décédé samedi d'un grave traumatisme crânien. Deux jours plus tôt, au cours d'une "bataille rangée" entre "membres de l'ultra gauche et de l'ultra droite", selon une source proche du dossier, le jeune s'est retrouvé isolé. Jeté au sol, il avait été frappé à coups de pied, notamment à la tête, par "au moins six individus" masqués et cagoulés.

 L’enquête a identifié les auteurs des coups et une partie des personnes présentes lors de cette bagarre.

Le procureur de Lyon avait requis le placement en détention provisoire des sept suspects en raison notamment du "risque de trouble à l'ordre public".

Ces derniers "contestent l'intention homicide", selon lui, même si "certains admettent avoir porté des coups" à Quentin Deranque "ou à d'autres victimes".

Sur les onze personnes interpellées dans l'affaire, trois hommes et une femme qui étaient soupçonnés d'avoir aidé les autres à se cacher, ont été remis en liberté jeudi, selon le procureur.

D’autres personnes impliquées

Le procureur a ajouté que toutes les personnes présentes sur les lieux n’ont pas encore été identifiées. La plupart sont liés à des mouvements d'ultragauche, et parmi eux figurent trois proches du député LFI (la France Insoumise) Raphaël Arnault, fondateur du groupuscule La Jeune Garde, mouvement dissous par décret en juin 2025.

Une marche est prévue samedi à Lyon pour rendre hommage au militant d’extrême droite. 

Alors que le maire de la ville de Lyon a demandé l’interdiction de ce rassemblement par crainte d’affrontements entre groupuscules d’extrême gauche et d’extrême droite qui sont très implantés à Lyon, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur a indiqué ce matin sur RTL qu’il "ne demande pas l'interdiction" de la marche en hommage à Quentin Deranque. 

Et pourtant des mouvements néo-nazi ou pétainistes, comme l'Action Française, Audace Lyon (anciennement Lyon Populaire), Allobroges Bourgoin, Héritage Lyon, Esprit de corps ou encore Nemesis, ont annoncé leur participation. 

Tensions politiques liées à la mort de Quentin

L'affaire a donné lieu à une passe d'armes entre responsables italien et français. 

La Première ministre Giorgia Meloni, issue elle-même de l'extrême droite, avait qualifié mercredi sur X la mort de M. Deranque de "blessure pour l'Europe entière".

Jeudi, le président français Emmanuel Macron lui a demandé d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres" et s’est dit "toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu'on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres"

Jeudi, le bureau de Mme Meloni a réagi avec "stupéfaction" aux propos du président français, tenus depuis New Dehli, en assurant que les propos de la dirigeante étaient simplement destinés à exprimer "un signe de solidarité avec le peuple français touché par ce terrible événement".

L'affaire, qui enflamme aussi la scène politique française, en pleine campagne pour les élections municipales de mars, met la pression sur le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI), trois des suspects étant des proches du député LFI Raphaël Arnault.