FRANCE
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À la Sorbonne Nouvelle, Jean-Noël Barrot chahuté sur le sort des étudiants étrangers
Des jeunes ont interrompu le MAE français pour dénoncer l’augmentation des droits d’inscription et les restrictions affectant les étudiants étrangers, donnant lieu à plusieurs échanges tendus.
À la Sorbonne Nouvelle, Jean-Noël Barrot chahuté sur le sort des étudiants étrangers
Barrot a été vivement interpellé à l’université Sorbonne Nouvelle par des jeunes dénonçant la politique française envers les étudiants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été vivement interpellé vendredi à l’université Sorbonne Nouvelle par des jeunes dénonçant la politique française envers les étudiants étrangers, lors d’échanges tendus retransmis en direct sur le compte de France Diplomatie sur X.

La séquence s’est déroulée pendant “Le ministre face à la jeunesse”, organisé dans le cadre de la deuxième édition de la Fabrique de la diplomatie, événement gratuit et ouvert au public proposé les 4 et 5 septembre par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Une jeune participante a interrompu la séance pour accuser le gouvernement de mener une politique raciste et discriminatoire envers les étudiants étrangers.

Elle a dénoncé la stratégie “Bienvenue en France”, qui conduirait, selon elle, à leur “faire payer 4.000 euros le master” et à les exclure progressivement des universités françaises.

Citant les étudiants algériens, marocains, sénégalais et burkinabés, elle a accusé le gouvernement de leur faire “porter le chapeau” des difficultés budgétaires françaises, après que le système français a, selon elle, réduit leurs perspectives d’avenir dans leurs pays.

“Vous n’êtes pas le bienvenu dans nos universités, que votre gouvernement détruit en baissant les budgets et en faisant porter le chapeau aux étudiants étrangers”, a-t-elle lancé à Barrot.

Elle a également accusé l’exécutif d’introduire une forme de “préférence nationale” dans l’enseignement supérieur, comparable au programme de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

“Voilà la jeunesse, celle qui ne sera jamais dans vos ministères et dans vos ambassades à appliquer la politique de l’impérialisme français”, a-t-elle poursuivi, annonçant une mobilisation le 29 septembre pour défendre une université ouverte aux étudiants étrangers.

Les protestataires ont aussi dénoncé le réarmement de la France, une “course à la guerre”, une “propagande nationaliste” et la politique française à l’égard d’Israël.

Barrot défend la réforme des droits d’inscription

Jean-Noël Barrot a assuré que la parole était “absolument libre”, tout en exprimant de “profonds désaccords”.

“Tout le monde est toujours le bienvenu à l’université en France”, a-t-il répondu, affirmant que celle-ci appartenait “à tous les Français” et non à “un groupe” ou à “une faction”.

Interrompu à plusieurs reprises, il a lancé : “Est-ce que je vous ai interrompue quand vous vous exprimiez ?”, puis : “Vous êtes dans un monologue. Je pensais que vous vouliez des réponses”.

Le ministre a reconnu que la hausse des droits d’inscription des étudiants étrangers résultait d’une décision gouvernementale et jugé “tout à fait légitime” de la contester.

Il a expliqué cette réforme par les contraintes budgétaires et assuré qu’elle ne visait pas à fermer les universités françaises aux étrangers, mais à demander une contribution plus importante aux étudiants dont les familles peuvent la financer.

Selon lui, les recettes dégagées doivent être réinjectées dans les bourses distribuées par Campus France et les universités aux étudiants étrangers les plus modestes.

Échanges tendus sur Israël

Interpellé sur une complicité de la France avec Israël, le ministre a également rejeté cette accusation, affirmant ne connaître aucun autre pays ayant autant agi en faveur de la cause palestinienne depuis le 7 octobre.

Il a cité l’organisation en France de la première conférence humanitaire consacrée à Gaza, l’initiative française en faveur de sanctions contre des colons israéliens et les efforts de Paris pour mobiliser la communauté internationale.

De nouvelles protestations ont accompagné sa réponse, certains participants contestant notamment sa comparaison avec l’action de l’Espagne. La personne chargée d’animer la rencontre est alors intervenue pour permettre aux autres jeunes de poser leurs questions.

Organisée sur le campus Nation de la Sorbonne Nouvelle, dans le XIIe arrondissement de Paris, la Fabrique de la diplomatie réunit pendant deux jours des diplomates, chercheurs, représentants d’ONG, élus, journalistes, étudiants et citoyens autour des relations internationales et des métiers de la diplomatie.

SOURCE:TRT français et agences