Les syndicats de Radio France ont déjà réagi et annoncé une grève les 13 et 14 septembre prochains. Ils demandent le retrait de la chronique dominicale prévue sur France Inter. Dans une motion adoptée à l’unanimité début septembre, les personnels du groupe public ont dit leur "refus catégorique" de l’arrivée de Charles Sapin à l’antenne, dont le magazine porte des valeurs non "compatibles" avec celles de Radio France.
C’est au tour des organisations syndicales de France Télévisions de se mobiliser. Hier, dans un communiqué, elles ont dénoncé l’arrivée sur l’antenne de Charles Sapin, le directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, comme chroniqueur sur France Inter.
"Quelques mois à peine après la fin de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, voir France Télévisions contribuer à banaliser la presse d'extrême droite renforce le sentiment de malaise au sein des équipes" du groupe public, écrivent ces syndicats dans un communiqué.

Valeurs actuelles est "l'héritier d'une longue et sombre tradition, celle de la presse d'extrême droite française, avec ses méthodes et ses haines" et a "largement contribué" à "la violente campagne de désinformation et de dénigrement dirigée contre l'audiovisuel public" au cours de l'année écoulée, estiment-ils, en demandant le retrait de son directeur adjoint de la rédaction, Charles Sapin, de l'antenne de franceinfo TV.
Interrogée par l'AFP, la direction de France Télévisions a souligné que "Charles Sapin vient le dimanche face à Rokhaya Diallo, une militante antiraciste, pour "un débat, une confrontation de points de vue différents".
Valeurs actuelles condamnées pour injure à caractère racial
Les syndicats ont mis en avant les condamnations de Valeurs actuelles pour des couvertures passées sur les Roms (2013) ou sur la députée LFI Danièle Obono, dépeinte en esclave en Une du magazine en 2020. Le magazine a été définitivement condamné le 17 janvier 2024 par la Cour de cassation pour injure publique à caractère racial
Ils ont également souligné la présence dans l’actionnariat du magazine de Pierre-Edouard Stérin, qui agit dans plusieurs médias et organisations pour imposer une vision conservatrice et ethniquement blanche de la société française.
Valeurs actuelles est en effet un hebdomadaire d’extrême droite qui dénigre également le service public. Le magazine l’accuse d’être trop coûteux, dispendieux et trop à gauche.
Ainsi, même si le discours change selon les élections, le Rassemblement national propose de dissoudre certaines chaînes de télévision ou de carrément supprimer le service public.






















