FRANCE
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France: Sciences Po Paris accusé de surveillance ciblée d'étudiants pro-palestiniens
Selon une enquête du média d'investigation Mediapart, des étudiants mobilisés en faveur de la Palestine auraient fait l'objet de filatures, de photographies et d'une surveillance sur les réseaux sociaux dans le cadre de procédures disciplinaires.
France: Sciences Po Paris accusé de surveillance ciblée d'étudiants pro-palestiniens
48 étudiants ont fait l'objet d'une enquête disciplinaire depuis 2024 et que 13 d'entre eux ont été interdits d'accès aux locaux de l'établissement

La direction de Sciences Po Paris a mis en œuvre des méthodes de surveillance inédites visant des étudiants engagés dans les mobilisations de soutien à la Palestine, affirme une enquête publiée lundi par Mediapart, alléguant s'appuyer sur plusieurs dossiers disciplinaires internes.

Selon le média, des étudiants auraient été suivis sur les réseaux sociaux, photographiés à leur insu et observés lors de rassemblements afin de recueillir des éléments destinés à étayer des procédures disciplinaires.

Mediapart indique que 48 étudiants ont fait l'objet d'une enquête disciplinaire depuis 2024 et que 13 d'entre eux ont été interdits d'accès aux locaux de l'établissement à titre conservatoire, dans l'attente d'une décision de la section disciplinaire. La plupart de ces suspensions temporaires ont ensuite été levées, à l'exception d'au moins deux cas.

L'enquête met particulièrement en cause Pierre Catalan, alors directeur de la vie étudiante à Sciences Po Paris, présenté comme un acteur central de ce dispositif. 

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Des étudiants interrogés par Mediapart l'accusent d'avoir collecté des informations détaillées sur les militants du Comité Palestine et d'avoir participé à leur identification lors des blocages organisés sur le campus.

Le média affirme également que Pierre Catalan avait créé un faux compte sur les réseaux sociaux sous un pseudonyme afin de suivre les activités d'étudiants mobilisés. 

Saisie en 2024, la commission de déontologie de Sciences Po avait estimé que cette démarche était étrangère à ses fonctions et susceptible de créer un environnement “intimidant”. Selon Mediapart, l'intéressé avait reconnu une “erreur”, sans que cela n'entraîne de conséquences sur ses fonctions.

L'enquête évoque aussi l'utilisation de photographies issues de comptes Instagram d'étudiants dans des dossiers disciplinaires, ainsi que des critiques concernant l'exploitation d'éléments de dossiers scolaires. 

Un étudiant cité par Mediapart affirme avoir été accusé à tort sur la base de chaussures similaires à celles figurant sur ses publications en ligne, avant qu'un autre étudiant ne reconnaisse être l'auteur des faits reprochés.

Par ailleurs, Mediapart rapporte que des images tournées à l'insu d'étudiants par une journaliste de la chaîne publique israélienne Kan News, infiltrée lors d'une assemblée générale en septembre 2025, ont été intégrées au dossier disciplinaire d'au moins un étudiant suspendu. L'établissement n'aurait pas été informé à l'avance de cette démarche, selon la journaliste interrogée par le média.

Interrogée par Mediapart, la direction de Sciences Po n'a pas souhaité commenter le fond des accusations, tout en apportant son soutien à Pierre Catalan et en regrettant les “attaques personnelles” dont il ferait l'objet.

Selon Mediapart, les étudiants concernés et leurs avocats dénoncent un climat de répression des mobilisations en faveur de la Palestine, tandis que plusieurs procédures disciplinaires et contentieuses demeurent en cours.

SOURCE:TRT français et agences