Le texte, présenté par ses signataires comme un “document historique”, n'engage à ce stade ni l'État français ni le gouvernement britannique : le RN est dans l'opposition en France, et Reform UK dans l'opposition face au gouvernement du Premier ministre Andy Burnham. Sa mise en œuvre est donc subordonnée à une victoire du RN à la présidentielle française de 2027 et à une arrivée de Reform UK au pouvoir à Londres.
Selon les termes du mémorandum, les demandeurs d'asile arrivant au Royaume-Uni depuis la France seraient détenus puis renvoyés vers la France, à charge pour Paris de les rapatrier vers leurs pays d'origine. Le texte prévoit également un mécanisme de partage des coûts de sécurisation des frontières entre les deux pays.
S'exprimant devant la conférence annuelle de Reform UK, Jordan Bardella a déclaré : “Je vous fais cette promesse : si le peuple français (nous confie la présidence en 2027), notre gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la France ne soit plus la porte d’entrée de l’immigration clandestine vers la Grande-Bretagne”.
De son côté, Nigel Farage a indiqué que le Royaume-Uni intercepterait les embarcations ayant quitté les côtes françaises pour entrer dans les eaux territoriales britanniques, avant de les renvoyer vers la France.
Réactions politiques
Éric Zemmour, a critiqué l'”accord”, estimant que Jordan Bardella acceptait de “recevoir sur notre sol les étrangers dont la Grande-Bretagne ne veut pas”, et jugeant qu'une alliance politique ne devait “jamais” se négocier au prix de “l'intégrité de nos frontières et de notre peuple”.
Le candidat à la présidentielle et le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a de son côté dénoncé un accord qui ferait de la France, selon lui, le “garde-barrière” du Royaume-Uni en cas d'arrivée du RN au pouvoir, et a appelé à ne pas voter pour Marine Le Pen en 2027.
Cet accord intervient alors que Paris et Londres ont, pour leur part, renforcé ces dernières semaines leur dispositif conjoint contre les traversées irrégulières de la Manche. La France doit déployer 45 policiers supplémentaires sur la façade occidentale de son littoral, dans le cadre de l'accord franco-britannique du 23 avril dernier.























