Les touristes étaient fort marris ce lundi, la tour Eiffel était fermée, il n’y avait pourtant aucun mouvement social national. La grève des salariés était une réponse à la visite d'une délégation religieuse hindoue ce week-end, délégation qui a demandé à ne pas être en contact avec des salariées. La direction de la tour Eiffel a accepté cette condition, ce qui a déclenché l’ire des salariés.
Mais ce matin, le monument a rouvert comme prévu à 9 h 30 locales (7 h 30 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP.
"Certaines (femmes) ont été invitées à quitter leur poste et à se mettre à l'écart dans des locaux. À certains postes, elles ont été remplacées par des hommes. Et toutes les femmes salariées ont reçu la consigne de ne pas passer ou de ne pas traverser certaines zones pendant la présence de la délégation", selon un communiqué du personnel de la tour Eiffel.
Une situation "grave et profondément contraire aux valeurs d'égalité et de non-discrimination", selon le communiqué, qui a conduit le personnel à se mettre en grève.

La direction et les syndicats se sont rencontrés ce lundi pour mettre à plat la situation et, selon les employés, obtenir que de telles décisions ne soient plus prises. La Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu que la délégation hindoue avait demandé que la visite soit organisée en limitant les "interactions avec les femmes" et admis que "ces conditions n'auraient pas dû être acceptées".
Un mouvement hindou qui ouvre un temple en France
Le mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), critiqué comme conservateur et nationaliste par une partie de la diaspora indienne, a consacré dimanche son premier temple majeur en France à 30 kilomètres de Paris.
Ce temple, ou "mandir", est présenté comme le plus grand temple hindou construit en Europe continentale dans un style traditionnel. Et, pour l'événement, une délégation a effectué samedi une excursion en bateau sur la Seine et visité la tour Eiffel.
Dimanche, des milliers d'hindous ont célébré à Bussy-Saint-Georges la consécration du premier temple majeur bâti en France par l'organisation BAPS. Avec ses dômes et ses flèches de pierres ciselées, il est présenté comme "un emblème de la culture indienne et de l'hindouisme".
Au sommet de l'édifice flottaient les drapeaux du mouvement spirituel Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), fondé en 1907 dans l’État indien du Gujarat.
Une visite qui devient polémique
"Il n'est pas acceptable que (les) conditions" exigées par la délégation hindoue "puissent être tolérées", a réagi sur X le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, ajoutant qu'une enquête serait "diligentée dans les plus brefs délais".
"On va faire la lumière sur ce qui s'est passé et on en tirera les conséquences", a affirmé à l'AFP un autre responsable, le président de la SETE Ariel Weil, élu socialiste parisien.

Le BAPS a finalement formulé des excuses, mais nuancé les critiques.
"À notre connaissance, à aucun moment l'accès à la tour Eiffel n'a été refusé à qui que ce soit", a écrit sur X le BAPS de Paris lundi soir.
"Nous tenons néanmoins à présenter nos sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation", a-t-il ajouté, précisant que la visite s'était déroulée "au début des horaires habituels d'ouverture, afin de limiter autant que possible toute gêne pour les autres visiteurs".





















