À Genève, troisième session de pourparlers entre Iran et États-Unis

L’Iran et les États-Unis tiennent, ce jeudi à Genève, une troisième session de pourparlers indirects, avec pour objectif de relancer le dialogue après plusieurs mois de tensions.

By
Le MAE iranien, Abbas Araghchi, lors d'une rencontre bilatérale entre la Suisse et l'Iran, à Genève,, le mardi 17 février 2026. / Reuters

Avant l’ouverture des discussions, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré qu’un “gros problème” persistait, accusant Téhéran de refuser d’aborder la question de son programme de missiles balistiques. Washington souhaite inclure ce dossier dans les négociations, au même titre que le nucléaire.

Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue mais aussi prête à l'action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios.

Le président américain Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu'il préfère une résolution du différend par la diplomatie. Il a, néanmoins, accusé, mardi, Téhéran d'avoir de "sinistres ambitions nucléaires".

L'Iran a "développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires ; il cherche, également, à en concevoir des plus puissants encore, capables "d'atteindre bientôt les États-Unis", a-t-il assuré.

"Gros mensonges", a répondu le ministère iranien des Affaires étrangères, alors que l'Iran affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km.

Le pays dispose d'un large arsenal d'engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël et quelques pays d'Europe orientale.

"Opportunité historique"

Le sujet est au cœur de la discorde entre les deux pays ennemis: Washington veut inclure le programme de missiles balistiques dans les discussions, mais aussi la question du soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël, ce que l'Iran refuse. 

Téhéran souhaite en effet limiter les négociations au volet nucléaire et exige la levée des sanctions qui étranglent son économie.

"Le président souhaite des solutions diplomatiques. Il les préfère, il les préfère largement. Je ne qualifierais donc pas la journée de demain (jeudi) autrement que comme une série de discussions, qui, je l'espère, seront productives, mais au final, vous savez, nous devrons discuter d'autres sujets que le seul programme nucléaire", a déclaré Marco Rubio lors d'une conférence de presse à Saint-Kitts-et-Nevis, mercredi.

Malgré ces divergences, l'Iran assure qu'un accord est "à portée de main", selon le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une "opportunité historique".

Le président Massoud Pezeshkian a, pour sa part, évoqué une "perspective favorable", disant espérer sortir de "cette situation +ni guerre ni paix+".

Il n’en reste pas moins que "le succès de ces négociations dépend du sérieux de l'autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires", a souligné Araghchi dans un communiqué, tôt ce jeudi.

Les États-Unis sont représentés par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui, en parallèle, doivent mener des pourparlers avec l'Ukraine, également à Genève jeudi même.

L'Iran et les États-Unis ont repris le dialogue début février à Oman, pays médiateur, puis se sont retrouvés une première fois en Suisse le 17.

Un précédent cycle de négociations avait été stoppé net au printemps 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran.

Washington avait à cette occasion frappé des sites nucléaires en Iran et Donald Trump avait assuré avoir "anéanti" son programme nucléaire, même si l'étendue exacte des dégâts n'est pas connue.