Le Rassemblement national (RN) entend interdire le port du voile islamique dans l’espace public en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027. Le parti prévoit également de sanctionner les contrevenantes par une amende, selon le député RN Jean-Philippe Tanguy.
Le député Laurent Jacobelli a confirmé mercredi que le projet du RN concernait spécifiquement le voile islamique et non la kippa. Interrogé sur Franceinfo, il a répondu par l’affirmative lorsqu’il lui a été demandé si la proposition visait uniquement le voile.
Cette position marque une évolution par rapport à celle défendue par Marine Le Pen en 2012. À l’époque, elle souhaitait interdire dans l’espace public les signes religieux ostensibles, citant notamment le voile et la kippa.
La dirigeante du RN estimait alors qu’il était évident que si l’on supprime le voile, on supprime la kippa dans l’espace public au nom de l’application stricte de la laïcité.
Le projet actuel du RN établit donc une distinction entre les deux signes religieux.
Pour justifier cette différence, Laurent Jacobelli a affirmé que le voile serait devenu, selon lui, "un symbole d’un islamisme conquérant". Il a également estimé que le contexte avait changé depuis 2012 et que le voile constituait désormais un "élément de revendication".
La proposition du RN suscite des critiques de plusieurs responsables politiques et organisations. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a notamment condamné le projet et appelé à ne pas "mettre des cibles dans le dos des musulmans".
La France interdit depuis 2010 la dissimulation du visage dans l’espace public, mais cette loi ne concerne pas le voile qui laisse le visage découvert. Le projet du RN constituerait donc une extension importante de la législation actuelle.
Le parti affirme vouloir faire de cette interdiction l’une des mesures de sa campagne pour 2027.





















