France: l’opération anti-migrants de l’extrême droite britannique dans lareste interdite

Depuis une semaine, les autorités françaises interdisent l’opération anti-migrant “Overlord”, lancée par des militants d’extrême droite britanniques sur les plages de la Manche. Deux militants ont bravé l’interdiction et ont été arrêtés.

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Le nombre de migrants traversant la Manche a augmenté en 2025 avec 41 472 traversées / AP



Les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont renouvelé mercredi soir, jusqu’au lundi 2 février à 8 heures, l’interdiction de l’opération xénophobe “Overlord”, dans le cadre de laquelle des activistes britanniques d’extrême droite appellent à se rendre sur le littoral nord de la France pour cibler des migrants.

Une première interdiction, entrée en vigueur vendredi 23 janvier et prolongée lundi, avait pris fin mercredi matin.

“Certains activistes britanniques continuent de publier sur les réseaux sociaux des messages appelant à manifester” à partir de ce jeudi, “soulignant que l’interdiction préfectorale de l’opération s’est terminée”, notent les préfets du Nord et du Pas-de-Calais dans leur communiqué. Les deux fonctionnaires craignent des troubles à l’ordre public et des violences entre migrants et militants britanniques.

“Raise the Colors” (Lever les drapeaux) est le mouvement à l’origine de cet appel à stopper les migrants qui cherchent à rejoindre la Grande-Bretagne illégalement avec à la clé, bateaux pneumatiques percés, menaces physiques. Raise the Colors est basé à Birmingham et s’est fait connaître en déployant des drapeaux britanniques et des drapeaux de Saint Georges pour instiller une forme de fierté nationaliste. Cette fois, il voulait frapper plus fort en empêchant les migrants d’embarquer sur des bateaux gonflables pour rejoindre illégalement la Grande Bretagne et ont appelé cette opération, opération “Overlord” du nom de l’opération militaire qui a lancé à l’état 1944 le débarquement en France pour combattre les forces du Troisième Reich.

Des actions d’intimidations

Mi-janvier, dix militants britanniques d’extrême droite ont été interdits de territoire français. Ils menaient des opérations “d’intimidation à l’encontre des associations humanitaires et des migrants”, ont expliqué les autorités françaises.

Dimanche soir, deux militants britanniques de 35 et 53 ans ont été arrêtés à Calais pour provocation à la haine alors qu’ils se filmaient en direct sur une plage.

Placés en garde à vue, ils ont été remis en liberté mardi, “l’exploitation des vidéos pouvant leur être attribuées ne permet pas de caractériser les faits reprochés”, a fait savoir la procureure de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier.

17 passeurs condamnés à Lille

Lundi 26 janvier, Claire Hédon, la défenseure des droits a rappelé à l’ordre les forces de police estimant que l’utilisation de pistolets à impulsion électrique, de lanceurs de balles de défense (LBD) ou encore de grenades lacrymogènes contre les migrants qui courent vers les bateaux pneumatiques ou essaient de stopper des camions est “contraire aux obligations de discernement et de (leur) usage absolument nécessaire et proportionné”.

​​Dix-sept passeurs ont été condamnés mercredi en France par un tribunal de Lille à des peines allant d'un an de prison avec sursis à huit ans ferme, pour avoir notamment utilisé des "taxi-boats" afin de transporter clandestinement des migrants depuis la France vers le Royaume-Uni en 2023.

Trois des mis en cause ont également été condamnés pour homicide involontaire, après la mort d'une Érythréenne de 24 ans lors d'une traversée organisée par ce réseau de passeurs en septembre 2023.

Malgré un accord avec la France pour renvoyer les migrants, malgré les condamnations et les patrouilles de police pour empêcher les traversées, le nombre de migrants traversant la Manche ne faiblit pas et est devenu une source de débat politique en Grande-Bretagne.

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