POLITIQUE
3 min de lecture
Détroit d’Ormuz: deux marins tués et deux pétroliers touchés
Les circonstances précises de l’incident ayant coûté la vie aux deux marins philippins, ainsi que celles concernant les deux pétroliers mentionnés par le CGRI, restent à établir.
Détroit d’Ormuz: deux marins tués et deux pétroliers touchés
Les débris d'un missile transporté sur un bateau au détroit d'Ormuz / Agences

La tension s’intensifie dans le détroit d’Ormuz après la mort de deux marins philippins à bord d’un pétrolier saoudien et l’annonce, par les Gardiens de la révolution iraniens (CGRI), de deux autres pétroliers qui auraient heurté des mines dans cette voie maritime stratégique.

La compagnie maritime saoudienne Bahri a annoncé mercredi que deux membres de l’équipage de son pétrolier SIDR, tous deux de nationalité philippine, avaient été tués dans un “incident de sécurité” survenu lundi vers 23h40, heure locale, alors que le navire transitait par le détroit d’Ormuz.

Elle n’a fourni aucune précision sur la nature ou les causes de l’incident. Elle n’a pas non plus indiqué si le navire avait subi des dommages ou si l’incident était lié à une attaque.

Riyad condamne

L’Arabie saoudite a condamné mercredi le ciblage de son pétrolier SIDR par l’Iran lors de son passage dans le détroit d’Ormuz. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé “le ciblage du pétrolier saoudien SIDR par la République islamique d’Iran” et les décès qui en ont résulté.

Riyad a également condamné les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, affirmant sa “pleine solidarité” avec ces pays et leur droit à prendre les mesures nécessaires pour protéger leur sécurité et leur souveraineté.

Le royaume a par ailleurs appelé à mettre fin à l’escalade et à garantir la sécurité de la navigation internationale ainsi que la protection des approvisionnements énergétiques mondiaux. Riyad a exhorté toutes les parties à favoriser la désescalade et à revenir à la négociation et aux solutions pacifiques.

Téhéran affirme que deux pétroliers ont heurté des mines

De son côté, le Corps des gardiens de la révolution iraniens a affirmé que deux pétroliers avaient heurté des mines dans le détroit d’Ormuz après avoir emprunté ce que Téhéran qualifie de “route illégale”.

Selon le CGRI, les deux navires avaient débarqué leurs équipages avant d’être confiés à des personnels liés à l’armée américaine pour traverser cette voie maritime. Ils auraient ensuite “heurté des mines, explosé et été immobilisés”, certains étant toujours en proie aux flammes.

Les Gardiens de la révolution n’ont toutefois pas identifié les deux pétroliers et n’ont donné aucune indication sur leur pavillon, leur position exacte ou d’éventuelles victimes. Ces affirmations n’ont pas été corroborées de manière indépendante dans l’immédiat.

Ces incidents interviennent alors que le détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions régionales. Passage essentiel pour le transport maritime de pétrole et de gaz, cette étroite voie maritime relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à la mer d’Arabie.

L’Iran affirme vouloir contrôler les itinéraires empruntés par les navires et a averti les compagnies maritimes qu’elles s’exposeraient à de nouvelles mesures si elles utilisaient des routes considérées comme non autorisées par Téhéran.

La multiplication des incidents fait ainsi peser de nouvelles inquiétudes sur la sécurité de la navigation commerciale dans le détroit. Toute perturbation durable du trafic pourrait avoir des répercussions importantes sur les approvisionnements énergétiques et les marchés pétroliers mondiaux.