Le ministère israélien des Affaires étrangères rejette les accusations du New York Times concernant des violences sexuelles dont seraient victimes des détenus palestiniens. Il dénonce une "campagne mensongère et soigneusement orchestrée".
Israël s’insurge contre un article du New York Times faisant allusion à des "violences sexuelles généralisées contre les détenus palestiniens". Dans un message publié sur X, le ministère israélien des Affaires étrangères a vivement contesté l'article du quotidien américain, dénonçant une "campagne anti-israélienne mensongère et soigneusement orchestrée".
Il dénonce "l'une des pires accusations de crime rituel jamais parues dans la presse moderne". Le "crime rituel" est une calomnie antisémite remontant au moins au Moyen Âge, selon laquelle les juifs assassineraient des enfants non juifs pour les besoins de leur culte.
Le ministère s'insurge aussi contre "une inversion de la réalité" et "un flot ininterrompu de mensonges" par lequel l'auteur "transforme la victime en accusé".
Un porte-parole de l'armée avait assuré que les personnes détenues étaient "traitées conformément au droit international".
En février, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait dénoncé des violences systémiques, notamment sexuelles, contre des journalistes palestiniens dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026.
"Un schéma de violences sexuelles israéliennes"
L'enquête de Nicholas Kristof, chroniqueur expérimenté du New York Times, décrit "un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes et même des enfants — commises par des soldats, des colons, des interrogateurs de l'agence de sécurité intérieure Shin Bet et, surtout, par des gardiens de prison".
Selon le journaliste, "rien n'indique que les dirigeants israéliens ordonnent des viols".
Mais il cite un rapport de mars 2025 des Nations unies, qui dénonçait "le recours systématique d'Israël aux violences sexuelles, reproductives et à d'autres formes de violence fondées sur le genre" depuis le 7 octobre 2023.
L'auteur admet qu'il "est impossible" de déterminer l'ampleur des faits, mais affirme que 14 hommes et femmes lui ont décrit avec précision de nombreux sévices.
"Beaucoup ont déclaré qu'on tirait souvent sur leurs organes génitaux ou qu'ils étaient frappés aux testicules. Des détecteurs de métaux portatifs ont été utilisés pour sonder l'entrejambe nue des hommes, puis pour frapper leurs parties intimes", écrit-il.
Selon des détenus libérés, les autorités israéliennes ordonnent aux prisonniers de garder le silence sur ces actes.
"La société arabe décourage les discussions sur ce sujet", ajoute l'auteur de l'enquête. "Des normes sociales conservatrices freinent également la discussion : deux victimes m'ont confié qu'un prisonnier qui reconnaîtrait avoir été violé compromettrait la capacité de ses sœurs et de ses filles à trouver un mari".
Lire aussi: L'armée israélienne et la culture des violences sexuelles
















