"Plus de ventes de Bombardier aux États-Unis", s’est exclamé le président américain sur son réseau Truth Social, avec son style direct et outrancier, sans préciser comment il entendait atteindre ce résultat. "S'ils veulent notre marché, ils doivent construire ici et arrêter de traiter l'Amérique comme une tirelire", a-t-il ajouté.
En janvier, il avait déjà agité la menace de retirer la certification d’avions fabriqués au Canada, en particulier des jets Bombardier, et d’imposer des droits de douane de "50 % sur tous les aéronefs vendus aux États-Unis", mécontent que des certifications soient "refusées" à des avions américains par Ottawa.
Bombardier a réagi en rappelant que ses avions "génèrent des dizaines de milliers d'emplois aux États-Unis grâce à la présence américaine croissante de l'entreprise ainsi qu'au sein de sa chaîne d'approvisionnement, composée d'environ 2 800 entreprises américaines réparties dans 47 États".
Elle y parle notamment de ses usines de Red Oak, au Texas, et de Los Angeles, en Californie.

"Les avions Bombardier sont construits à partir de composants fabriqués aux États-Unis, tels que des moteurs, de l'avionique et de nombreux autres systèmes clés fournis par de grandes entreprises américaines", a ajouté le constructeur dans un communiqué, estimant que "l'industrie de l'aérospatiale américaine est clairement gagnante en matière de commerce et d'exportations".
Le Canada reste ferme
Dans une publication sur X, la première ministre du Québec a indiqué ne pas vouloir répondre à la provocation par la provocation. Christine Fréchette assure que le Québec ne laissera personne dicter où ses entreprises doivent produire pour avoir accès à un marché.
C’est le dernier épisode dans le bras de fer en cours entre les deux pays d’Amérique du Nord. Depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump en janvier 2025, le Canada est en première ligne de la guerre commerciale lancée par le président républicain, qui répète vouloir faire de son voisin septentrional le "51e État" américain.
Quelques heures avant ses menaces contre Bombardier, Donald Trump avait joué la provocation et avait d'ailleurs publié sur Truth Social une carte sur laquelle le drapeau américain couvre l'ensemble de l'Amérique du Nord, le Mexique et les Caraïbes, ainsi que le Groenland, territoire autonome danois qu'il souhaite rattacher aux États-Unis, et l'Islande.
Ce regain de tension intervient alors que les droits de douane canadiens de 15, 25 ou 50 % sur les produits américains entrent en vigueur ce mardi.
Ils touchent environ 20 milliards de dollars de produits américains, de l'acier aux produits laitiers en passant par l'électronique ou la pâte à papier.
Un montant correspondant "au dollar près", selon Ottawa, à celui des produits canadiens visés depuis le 22 août par des surtaxes américaines de 50 %.
Le conflit commercial est frontal entre les deux voisins depuis la rupture le 21 août par le Premier ministre canadien Mark Carney des négociations avec la Maison-Blanche. L'ancien banquier central a accusé les États-Unis d'avoir voulu imposer un accord "injuste" et d'avoir in fine pour objectif de faire du Canada une "filiale" et de "détruire" son industrie, notamment automobile.























