MOYEN-ORIENT
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Une fillette gazaouie de 4 ans rêve de remarcher et de jouer après son amputation
Jamalat Dabban, 4 ans, attend une prothèse alors que les centres de réadaptation de Gaza, débordés, peinent à fournir des membres artificiels aux milliers de personnes amputées.
Une fillette gazaouie de 4 ans rêve de remarcher et de jouer après son amputation
Jamalat a perdu sa jambe gauche lors d'une attaque israélienne contre une tente voisine le 11 mai dernier

Jamalat a perdu sa jambe gauche lors d'une attaque israélienne contre une tente voisine le 11 mai, selon sa mère, Rasha. Elle-même et son fils ont également été blessés, mais leurs blessures pouvaient être soignées. Les blessures de Jamalat étaient si graves que les médecins ont dû lui amputer la jambe.

La famille avait été déplacée de Beit Lahia, dans le nord de Gaza, et vivait sous une tente lorsque la tente voisine a été prise pour cible.

"Nous étions une famille ordinaire. C'était une journée ordinaire. Nous avions pris le petit-déjeuner et nous étions assis dans la tente quand, soudain, la tente voisine a été directement prise pour cible", a raconté Rasha à Anadolu.

"Ma fille a été blessée et a perdu sa jambe."

"Rends-moi ma jambe"

Rasha raconte que Jamalat lui demande de lui rendre sa jambe afin qu'elle puisse se déplacer et jouer avec son frère. Selon sa mère, la fillette ne comprend pas encore pleinement que cette perte est définitive.

Avant d'être blessée, Jamalat était "une enfant très active qui aimait jouer", raconte Rasha.

"Mais ma fille a perdu une grande partie de son enfance", ajoute-t-elle, expliquant que la fillette a désormais besoin d'une aide constante, même pour effectuer des mouvements élémentaires.

Sa mère la porte, lui peigne les cheveux et l'aide à se déplacer. Sortir, jouer avec d'autres enfants et courir sont devenus difficiles.

Des milliers de personnes attendent une prothèse

Le cas de Jamalat fait partie des milliers d'amputations recensées à Gaza, où les personnes amputées rencontrent d'importantes difficultés pour obtenir des prothèses et accéder à des services de réadaptation.

Hosni Muhanna, chargé des médias et des relations publiques au Centre de réadaptation pour les prothèses et les paralysies de Gaza, a déclaré à Anadolu que le centre subissait une pression croissante alors que le nombre de personnes amputées ou paralysées augmente.

Il a indiqué que le ministère de la Santé avait recensé plus de 6 000 amputations via le système Sehhaty, lancé en partenariat avec le Comité international de la Croix-Rouge.

Les enfants représentent environ 25 % des bénéficiaires du centre, ce qui accroît la demande pour des programmes de réadaptation et de prothèses capables de s'adapter à leur croissance.

Selon Muhanna, les restrictions concernant l'entrée de matériaux et de fournitures essentiels à Gaza ont limité les capacités du centre et allongé les listes d'attente pour les prothèses et les dispositifs d'assistance.

Il a appelé les organisations internationales et les groupes de défense des droits à faire pression pour l'ouverture des points de passage et permettre l'entrée à Gaza de matières premières, d'équipements et de composants nécessaires à la fabrication des prothèses.

Le centre est également confronté à de graves pénuries de matériaux et d'équipements de fabrication, notamment de plâtre utilisé pour produire les prothèses.

En février, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que l'ONU et ses partenaires n'avaient pu faire entrer qu'environ 300 prothèses à Gaza depuis décembre 2025, alors que plus de 6 000 amputations avaient été recensées.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué avoir évalué l'état de santé de 2 277 personnes amputées à Gaza entre septembre 2024 et mai 2026. Parmi elles, 18 % étaient des enfants et 76 % avaient subi une amputation d'un membre inférieur.

Depuis l'entrée en vigueur, le 10 octobre 2025, d'un accord de cessez-le-feu négocié sous l'égide des États-Unis, les attaques israéliennes ont tué 1 303 Palestiniens et en ont blessé 4 336, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Depuis octobre 2023, les forces israéliennes ont tué plus de 73 400 Palestiniens et en ont blessé plus de 174 400 dans le cadre de leur guerre génocidaire menée à Gaza, selon le ministère.

SOURCE:TRT français et agences