"Sur son compte X, il avait publié les propos suivants : ‘ce que mérite cette salope’ associée à la photographie d'une guillotine" après l'énoncé du jugement, a précisé le parquet de Bobigny (région parisienne).
L’individu a été interpellé mardi à La Garenne-Colombes, en région parisienne, avant d’être placé en garde à vue pour "menaces de mort à l'encontre d'un magistrat" et "outrage à magistrat dans l'exercice de ses fonctions" dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, chargée des investigations.
Le 31 mars, Mme Le Pen a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique et à une amende de 100 000 euros, ainsi qu'à une inéligibilité immédiate de cinq ans, qui compromet sa candidature à la présidentielle de 2027.
Le tribunal a estimé qu'elle était au "cœur" du système de détournements de fonds publics mis en place pour rémunérer des salariés de son parti, le Rassemblement national (RN), en utilisant des fonds du Parlement européen à hauteur de 4 millions d'euros, entre 2004 et 2016. Au total, 24 personnes ont été condamnées dans ce dossier, en plus du parti.
Depuis le délibéré, les magistrats ayant rendu la décision, et notamment la présidente de la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, sont la cible de menaces très virulentes ayant mené au placement sous protection policière de cette dernière.
La magistrate bénéficie notamment de patrouilles renforcées et de rondes régulières autour de son domicile.
L'enquête sur ces menaces porte sur "des propos publiés sur les réseaux sociaux", d'après le parquet de Bobigny, susceptibles de relever de différentes qualifications pénales : cyberharcèlement, menaces de mort, injures publiques et divulgation d'informations personnelles exposant à un risque d'atteinte à la personne ou au bien.
Il convient de noter que ces faits sont aggravés par le statut des victimes, dépositaires de l'autorité publique.
Une autre enquête avait été ouverte en début d'année après des menaces de mort publiées sur un site d'extrême droite, nommé Riposte Laïque, suite aux réquisitions du ministère public. Ces menaces ciblaient la magistrate ayant présidé l'audience, ainsi que les deux procureurs ayant requis contre les prévenus, dont Marine Le Pen. Cinq individus ont été identifiés et seront auditionnés lors de leur convocation.
Après la demande de dépaysement du parquet de Paris, c'est désormais celui de Bobigny qui est en charge des investigations sur ces deux enquêtes.



















