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France: une anthropologue contre une doctorante voilée, procès annulé et carrière abîmée
Le 11 juin dernier, le procès pour diffamation contre Florence Bergeaud-Blackler a été annulé pour vice de procédure. Iman El Feki a été accusée de frérisme par la médiatique Florence Bergeaud-Blackler. Ont suivi des menaces de mort et des insultes.
France: une anthropologue contre une doctorante voilée, procès annulé et carrière abîmée
L'universitaire Florence Bergeaud-Blackler, chouchoute des médias de Vincent Bolloré

L’affaire commence le 4 mars 2025. L'anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, chargée de recherche au CNRS, publie sur X sept phrases visant Iman El Feki, alors doctorante en sociologie à l'université de Strasbourg.

La militante anti-islam accuse El Feki de “répandre l'idéologie frériste”, même si aucun élément factuel ne permet de relier la doctorante à quelque mouvance que ce soit.

Iman El Feki travaille, depuis 2019, sur la gestion pénitentiaire de la radicalisation violente et sur les enjeux de réinsertion après la détention. Ses recherches sont financées par le Conseil scientifique sur les processus de radicalisation. Elle a obtenu toutes les habilitations nécessaires pour accéder aux établissements pénitentiaires du Grand Est. Ceci après un processus de validation qui implique plusieurs niveaux administratifs, jusqu'aux services du Premier ministre. Son profil a donc été vérifié et scruté par les services de l'État.

Peu importe, Florence Bergeaud-Blackler lance ces accusations. Elle publie la photo de la personne visée, son lieu de travail et le nom de sa directrice de thèse.

L’universitaire Florence Bergeaud-Blackler, qui a les faveurs de la droite et de l’extrême droite, se sent manifestement intouchable. Forte d’une couverture médiatique que peu de chercheurs ont, elle reproche à la Strasbourgeoise d’avoir publié un message appelant à manifester pour la libération de la Palestine, une manifestation légalement autorisée.

L’annulation du procès a empêché la jeune chercheuse strasbourgeoise de se défendre et disons que le mal est fait. Madame Bergeaud-Blackler prétend avoir été relaxée, ce n’est pas exact.

L’universitaire d’extrême droite n’a pas hésité à publier des accusations contre la jeune chercheuse, sans doute poussée par le fait que celle-ci est voilée ce qui agit comme un chiffon rouge sur l’anthropologue.

Et cette dame n’en est pas à son coup d’essai, c’est une récidiviste. Selon le journal Le Monde, depuis 2022, cette universitaire islamophobe a visé environ 50 chercheurs et près de 30 organisations sur les réseaux sociaux, en insinuant des liens avec les Frères musulmans ou l'islamisme, sans jamais apporter de preuve tangible.

Une islamophobe qui s’assume

Cette pratique étonne dans un milieu universitaire où la déontologie est normalement la règle. Mais l’universitaire Florence Bergeaud-Blackler a la réputation d’affirmer plus que de démontrer. Christophe Ayad, journaliste au Monde, a régulièrement pointé du doigt les erreurs et les imprécisions de Bergeaud-Blackler concernant les courants de l’islam.

Dans un article de 2023, le journaliste regrette que l’ouvrage référence de la chercheuse, “les Frères et ses réseaux” manque d’historicité, il pointe du doigt des affirmations peu soutenues par des preuves comme l’islamisation de la connaissance. Il s’étonne également de lire des accusations contre les universitaires, la gauche, les écologistes, tous traités d’”alliés objectifs” des Frères.

La Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (2024) conclut sa critique de l’ouvrage en pointant des inexactitudes empiriques, et relève que le registre d'écriture trahit une ambition davantage polémique qu'analytique.

Cette anthropologue a également participé à la rédaction du rapport sur l’entrisme des Frères musulmans en France publié en mai 2025 par Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, rapport qui lui aussi s’illustre par son manque de preuves et ses conclusions liberticides.

Un vernis académique

Chez Florence Bergeaud-Blackler, la politique a tout simplement pris le pas sur la recherche intellectuelle. Son Centre européen de recherche et d'information sur le frérisme (CERIF), qu'elle préside, bénéficie du soutien financier de Pierre-Édouard Stérin, un milliardaire catholique ultra-conservateur, dans le cadre de son projet Périclès.

Celui-ci a été entendu par le Sénat le 4 juin 2026 et il n’a pas caché son agenda. Il a admis défendre une société conservatrice, libérale économiquement et assume être “en faveur de la remigration des étrangers délinquants, sans papiers ou au chômage depuis plus de douze mois.”

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Selon le journal Politis, ce projet Périclès finance 24 structures proches de la droite ou de l'extrême droite, aux côtés d'organisations ouvertement liées au Rassemblement national, de mouvements anti-racisme anti-Blancs ou de médias d'influence conservatrice.

Florence Bergeaud-Blackler est également employée par le CNRS. Cet organisme public de recherche n’a pourtant jamais réagi aux agissements de cette dame, ni pris la moindre sanction à son encontre. Il faut dire que l’anthropologue a largement contribué à populariser la rhétorique de l'"islamo-gauchisme", des accusations qui s'avèrent dévastatrices pour les universitaires, capables de briser des carrières ou de couper les financements de recherche.

SOURCE:TRT français et agences