FRANCE
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1er-Mai: les syndicats mobilisés contre l’extension du travail dans certains secteurs
Les syndicats français se mobilisent ce jeudi 1er mai pour défendre le caractère obligatoirement chômé de cette journée, dans un contexte de débat tendu autour d’un possible assouplissement des règles pour certains secteurs.
1er-Mai: les syndicats mobilisés contre l’extension du travail dans certains secteurs
L’an dernier, entre 157 000 et 300 000 personnes avaient manifesté à travers le pays, selon les chiffres de la police et de la CGT. / TRT Français

Au total, 320 manifestations sont prévues dans toute la France, avec un peu plus de 100 000 participants attendus, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. 

À Paris, le cortège doit partir de la place de la République à 14 heures en direction de la place de la Nation, en présence notamment des dirigeantes syndicales Marylise Léon et Sophie Binet.

Les organisations syndicales entendent défendre le 1er-Mai, seul jour férié obligatoirement chômé pour les salariés en France. Elles appellent également à la mobilisation sur les questions de pouvoir d’achat, dans un contexte de reprise de l’inflation, ainsi que sur la défense de la démocratie à un an de l’élection présidentielle.

L’an dernier, entre 157 000 et 300 000 personnes avaient manifesté à travers le pays, selon les chiffres de la police et de la CGT.

Le débat autour du travail le 1er-Mai a pris de l’ampleur après une proposition de loi soutenue notamment par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal. Le texte prévoyait d’autoriser le travail des salariés dans les commerces de bouche, les fleuristes et certains établissements culturels ce jour-là.

En RelationTRT Français - Cadeau aux boulangers et fleuristes en France: le 1er mai sera travaillé

Face à l’opposition unanime des syndicats, le gouvernement a finalement restreint son projet aux seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d’accords dans ces branches professionnelles. Une nouvelle loi pourrait entrer en vigueur avant le 1er-Mai 2027.

Les cinq principales confédérations syndicales – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC – restent opposées à cette évolution, estimant qu’elle pourrait ouvrir la voie à des extensions futures à d’autres secteurs.

Dans l’attente d’un éventuel changement législatif, l’incertitude demeure pour ce 1er mai. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a affirmé n’avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail pour qu’ils renoncent aux contrôles, tout en appelant à “l’intelligence collective”.

Une lettre de la Direction générale du Travail demande néanmoins aux agents de tenir compte du “contexte” particulier lié à la préparation d’une future réforme concernant les boulangers et les fleuristes.

Sur le terrain, certains artisans disent ne plus savoir quelles règles appliquer. À Bourg-la-Reine, un boulanger affirme ainsi ouvrir son établissement avec ses salariés, pensant que leur présence est désormais possible si elle repose sur le volontariat.

Des inspecteurs du travail dénoncent une situation ambiguë et craignent des tensions lors d’éventuels contrôles. Ils rappellent également que certains commerces ouvrent déjà régulièrement le 1er-Mai malgré l’interdiction, en misant sur la faiblesse des contrôles.

Le sujet continue aussi de diviser le camp présidentiel. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a souligné l’importance historique du 1er-Mai pour les ouvriers et les employés. 

De son côté, Gabriel Attal doit participer vendredi à une opération symbolique dans une boulangerie de Vanves. Le responsable politique Bruno Retailleau est attendu à Cholet autour du thème du “travail gagnant”.

SOURCE:TRT français et agences