AFRIQUE
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Le FMI et le Sénégal trouvent un accord en vue d'un programme d'aide de 2,2 milliards de dollars
Le Fonds monétaire international (FMI) est parvenu à un accord avec le Sénégal en vue de la mise en place d'un programme d'aide de 2,2 milliards de dollars sur 2026-2029, a-t-il annoncé à l'issue d'une mission.
Le FMI et le Sénégal trouvent un accord en vue d'un programme d'aide de 2,2 milliards de dollars
Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai par Bassirou Diomaye Faye, avait exclu toute restructuration de la dette

Cet accord "de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), d'un montant d'environ 2,2 milliards de dollars" (1,8 milliard d'euros), doit encore être soumis à l'approbation du conseil d'administration du FMI.

Le ministre sénégalais des Finances Cheikh Diba s'est dit mardi "heureux" d'annoncer que le Sénégal et le FMI "ont conclu un accord technique qui ouvre la voie à des perspectives" de financement, lors d'un point de presse.

Il s'agit d'une nouvelle retentissante pour ce pays d'Afrique de l'Ouest dont les agences ont plusieurs fois abaissé la note. L'économie du Sénégal est plombée par une dette qui a atteint 132% du PIB fin 2024.

Mais Mercedes Vera Martin, à la tête de la mission du FMI menée du 19 août au 1er septembre à Dakar, a précisé que l'accord requiert "la réception des assurances de financement nécessaires de la part des partenaires du Sénégal".

"Mesures correctives"

L'accord "nécessite" également "des mesures correctives résolues pour appuyer la demande de dérogation des autorités dans le cadre des déclarations erronées de données". 

Les autorités sénégalaises accusent le régime de l'ex-président Macky Sall (2012-2024) d'avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clefs comme la dette publique et le déficit budgétaire. 

Cela avait conduit le FMI à suspendre son programme d'aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d'euros) conclu en 2023, en attendant d'avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités. 

En attendant, le Sénégal s'était tourné vers le marché financier sous-régional pour emprunter à des taux très élevés. 

Après plusieurs visites du FMI au Sénégal pour examiner l'état des finances du pays, les deux parties avaient entamé des négociations mi-octobre 2025 en vue d'un nouveau programme d'aide.

Cet accord de 36 mois avec le FMI au titre de la FEC vise à "appuyer le programme de réformes économiques et financières des autorités pour la période 2026-2029", a précisé Mme Martin. 

Selon elle, les autorités sénégalaises ont "annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de rétablir sa viabilité".

Ce sujet est particulièrement sensible au Sénégal: le gouvernement de l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai par le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye, avait exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts.

Réclamant de la "transparence" dans une publication Facebook diffusée tard mardi, Sonko a exigé des précisions supplémentaires, notamment sur ce qu'impliquerait le "traitement de la dette". 

Il a également promis que tout engagement ferait finalement l'objet d'un débat à l'Assemblée nationale — où son parti, le Pastef, est majoritaire — lorsque les grandes lignes de ces mesures seraient intégrées dans la loi de finances.

Mardi, le Sénégal indique avoir "décidé d'engager l'étape décisive de sa stratégie de gestion active de la dette".

Il annonce la mise en place d'un "Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS)", selon un communiqué du ministère de l'Economie.

"Traiter la dette"

Revenant sur cette annonce, le ministre sénégalais des Finances a affirmé que le PTDS "n'est pas une restructuration, au sens de la restructuration classique". "C'est une initiative du Sénégal pour traiter la dette du Sénégal avec ses spécificités" et "donner plus de marges budgétaires au pays", a-t-il estimé.

Selon Mercedes Vera Martin, le programme appuyé par le FMI "devrait contribuer à mobiliser des financements de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d'autres partenaires de développement".

"L'économie sénégalaise est demeurée résiliente, enregistrant une croissance de 6,7% en 2025 grâce à la première année complète de production pétrolière, bien que la croissance du PIB hors hydrocarbures ait ralenti à 2,2%", a-t-elle salué. 

Selon elle, les principales réformes prévues dans le cadre du programme appuyé par le FMI viseront "à rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables". 

"Les autorités (sénégalaises) sont également déterminées à renforcer la gouvernance budgétaire, notamment par une meilleure gestion de la dette publique, un suivi accru des arriérés intérieurs et une supervision renforcée des entreprises publiques", a-t-elle rapporté.

SOURCE:TRT français et agences