"Les forces américaines ont frappé des cibles du Corps des Gardiens de la Révolution iranien", notamment des sites de défense aérienne, des systèmes de radar ou encore des installations maritimes, a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), annonçant la fin de cette vague.
L'Iran a affirmé avoir lancé une "opération décisive en riposte", visant "les bases et les intérêts américains dans la région" avec des missiles et des drones, a rapporté l'agence de presse d'Etat Tasnim.
Les Gardiens de la Révolution ont ensuite revendiqué des attaques contre des bases militaires américaines en Jordanie, en Irak et à Bahreïn.
Si Téhéran "riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort", avait menacé le président américain Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social.
Plus tard, il a dit "préférer" la situation actuelle, assurant que les États-Unis avaient un "contrôle quasi-total du détroit d'Ormuz", et que l'économie iranienne était en train de "s'effondrer complètement". "Quand le peuple iranien va-t-il se soulever et se battre ?", a-t-il demandé.
L'armée jordanienne a annoncé avoir détruit dix missiles tirés depuis l'Iran, ajoutant que trois autres s'étaient écrasés à l'écart de zones habitées, sans faire de blessés.
Le Koweït a également affirmé avoir été visé par des missiles et des drones, et des sirènes d'alerte ont retenti tôt mercredi matin à Bahreïn.
Le porte-parole du commandement militaire central de l'Iran, Ebrahim Zolfaghari, a promis des "ripostes plus larges et plus destructrices" en cas de poursuite des attaques américaines, adressant la même mise en garde à "tout pays coopérant avec l'armée américaine agressive".
Mariage
Les médias d’État ont donné un bilan d'au moins 11 morts dans ces frappes américaines: quatre au cours d'un mariage dans la région d'Hormozgan (sud-est), où une cinquantaine de personnes ont été blessées, et sept dans la région du Khouzestan (ouest) lors d'attaques de missiles qui ont aussi fait huit blessés.
Les frappes américaines ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé à un retour de la diplomatie, aujourd'hui au point mort.
Il a assuré que si les États-Unis respectaient le protocole d'accord signé en juin, et qui a presque aussitôt volé en éclats, "la République islamique d'Iran prendra(it) immédiatement des mesures réciproques."
La télévision d’État iranienne a fait état mardi de plusieurs explosions dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz. Elle a aussi rapporté des déflagrations sur l'île de Lavan, située dans le Golfe et qui abrite l'un des terminaux d'exportation de pétrole iranien.
Les médias étatiques iraniens ont également rapporté qu'un aéroport du sud de l'Iran, dans la province de Kerman, avait été visé.
Les frappes américaines de mardi arrivent peu après que deux pétroliers ont été touchés par "des projectiles d'origine inconnue" alors qu'ils sortaient de ce détroit hautement stratégique, selon l'agence maritime grecque Marisks.
Les cours des hydrocarbures ont bondi après ces nouvelles hostilités, le baril WTI américain repassant le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis fin juillet, et le gaz européen se négociant au plus cher depuis plus de trois ans.
Escale d'un porte-avions américain
Les États-Unis avaient déjà mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des cibles militaires situées sur une île iranienne. L'Iran avait riposté en attaquant des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis.
L'Iran veut prélever des droits de passage dans le détroit d'Ormuz, où la navigation était libre avant le début du conflit.
Le gouvernement américain a lui promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, passant par des sanctions dont les contours restent à préciser.
Les autorités iraniennes ont appelé mardi à réduire la consommation d'essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d'importation du fait d'un blocus naval imposé par les États-Unis.
A des milliers de kilomètres de là, le porte-avions américain USS Abraham Lincoln est arrivé en Thaïlande mercredi matin après plus de neuf mois en mer.
D'abord envoyé en mer de Chine méridionale, il avait été redéployé au Moyen-Orient au début de la guerre fin février. La dégradation des conditions de vie de ses marins font polémique aux Etats-Unis dernièrement.


















