FRANCE
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Journalistes otages de Daesh: Kaïs Al Abdallah condamné à 20 ans de réclusion
Le Syrien Kaïs Al Abdallah a été condamné lundi en appel à vingt ans de réclusion criminelle à Paris pour son rôle dans l'enlèvement et la séquestration de deux journalistes français en Syrie en 2013 par Daech.
Journalistes otages de Daesh: Kaïs Al Abdallah condamné à 20 ans de réclusion
Les journalistes français retenus par Daesh ont été libérés en avril 2014

Selon l'arrêt de la cour d'assises de Paris, Kaïs Al Abdallah, qui avait "adhéré aux objectifs" de l’organisation, a participé à une association de malfaiteurs terroriste, responsable de l'enlèvement et de la "séquestration contraire à toute dignité humaine" des journalistes français Nicolas Hénin et Pierre Torres, kidnappés en juin 2013 à Raqqa.

L'accusé, âgé aujourd'hui de 43 ans, avait été condamné à la même peine en première instance, en mars 2025. Il avait été le seul à faire appel dans ce procès, au cours duquel le jihadiste Mehdi Nemmouche a été condamné à la perpétuité et un autre coaccusé, Abdelmalek Tanem, à 22 ans de réclusion.

Les journalistes français Didier François et Édouard Elias, puis Nicolas Hénin et Pierre Torres, avaient été enlevés à dix jours d'intervalle en juin 2013, dans la région d'Alep pour les premiers et à Raqqa pour les seconds.

Ils avaient été libérés près d'un an plus tard, le 18 avril 2014, après des mois de violences physiques et psychologiques, de privations de nourriture et de simulacres d'exécution.

Kaïs Al Abdallah avait participé — ce qu'il ne conteste pas — à une réunion de "médiation" organisée le 15 juin 2013 à Raqqa avec Nicolas Hénin et Pierre Torres, qui tentaient de récupérer leurs passeports confisqués. Ils avaient été enlevés une semaine plus tard. "Je suis convaincu de son rôle majeur comme commanditaire de notre enlèvement", a déclaré Nicolas Hénin à l'AFP.

En RelationTRT Français - Ouverture à Paris du procès du ravisseur de journalistes en Syrie

"Je ne suis pas un terroriste"

"Je ne suis pas un terroriste, je n’ai jamais été membre des factions terroristes", a déclaré lundi matin Kaïs Al Abdallah dans ses derniers mots à la cour, assurant avoir "essayé par tous les moyens d'aider les journalistes", selon ses propos traduits par une interprète.

Plusieurs témoignages avaient désigné Kaïs Al Abdallah comme un membre éminent de Daech, surnommé Abou Hamza TNT ou Abou Hamza le chimiste en raison de ses compétences en explosifs.

Réfugié en Allemagne en 2015, Kaïs Al Abdallah y avait obtenu l'asile, fait venir sa femme et son fils et il avait même repris ses études de chimie. Il a été identifié par un groupe de réfugiés syriens traquant les criminels du régime de Bachar al-Assad comme ceux de groupes terroristes.

Durant la décennie 2010, Daech a séquestré des milliers de Syriens, ainsi que de nombreux humanitaires et journalistes occidentaux, dont plusieurs ont été exécutés dans des mises en scène macabres et filmées.