"Nous sommes prêts à poursuivre les frappes de missiles contre eux aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ajoutant que des négociations avec Washington "ne sont plus à l'ordre du jour".
Quelques heures plus tôt, lors d'une conférence de presse à Miami, sa première depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le 28 février, Donald Trump a assuré que la guerre allait se terminer bientôt, sans fournir plus de précisions.
Il avait aussi annoncé qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix" qui se sont envolés ces derniers jours.
De quoi faire redescendre les cours et faire grimper les marchés boursiers, notamment en Asie. A Tokyo, l'indice Nikkei évolue, ce mardi même, en hausse de quelque 2% et l'indice Kospi d'environ 4% à Séoul, après une clôture sur des chutes de plus de 5%.

Le président américain a menacé de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" si Téhéran "prenait le monde en otage" en bloquant l'acheminement de pétrole dans la région via le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Ce passage maritime stratégique restera impraticable tant que la guerre durera, a averti, lundi, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani.
Les États-Unis ont frappé en dix jours plus de 5.000 cibles, notamment plus de 50 navires iraniens, a annoncé, toujours lundi, l'armée américaine.
Et lundi soir, l'armée israélienne a informé du lancement d'une nouvelle vague de frappes "de grande ampleur" sur Téhéran. Des médias d'État ont par la suite rapporté des attaques contre la capitale ou encore Khomein (centre).
Levée de sanctions
Les frappes américano-israéliennes ont fait plus de 1.200 morts en 10 jours, selon l'Iran.
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth doit donner, ce mardi, une nouvelle conférence de presse.
Donald Trump a maintenu l'ambiguïté sur les buts réellement poursuivis par les États-Unis dans cette offensive menée conjointement avec Israël.
Washington affiche comme objectif de détruire les capacités balistiques de l'Iran et l'empêcher de se doter de la bombe atomique, intention que Téhéran dément nourrir.
L'embrasement du Moyen-Orient a entraîné une flambée des cours pétroliers qui, si la guerre se prolonge, pourrait plomber l'économie mondiale.
Mais les prix refluent ce mardi: vers 02H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, plongeait de 10,09% à 85,21 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 10,46% à 88,61 dollars.
Plus tôt, Donald Trump avait annoncé la levée de sanctions pesant sur "certains pays" afin "de réduire les prix" - sans préciser la liste des concernés.
Entretien Trump-Poutine
Le dirigeant américain a tenu ses propos après un appel qualifié par lui de "positif" avec Vladimir Poutine. Ce dernier avait assuré, lundi, être prêt à fournir les pays européens en pétrole et gaz s'ils se déclaraient en faveur d'une "collaboration durable et stable" avec Moscou.
Le secteur russe des hydrocarbures est visé par de multiples sanctions occidentales et deux de ses principales conduites d'exportation vers l'Europe sont à l'arrêt.
Lundi également, les ministres des Finances du G7 avaient évoqué une possible utilisation des réserves stratégiques d'or noir.
Des infrastructures pétrolières iraniennes ont été visées par des frappes israélo-américaines. Des dépôts de carburant à Téhéran ont été touchés, provoquant des incendies qui ont plongé dimanche la capitale dans une obscurité apocalyptique.
De son côté, l'Iran poursuit ses attaques, à titre de représailles, visant le territoire israélien mais aussi ses voisins du Golfe, y compris leurs infrastructures pétrolières.
Les Émirats arabes unis ont dit, ce mardi matin, être la cible de drones et missiles iraniens. Le Koweït et l'Arabie saoudite ont annoncé avoir abattu des drones.
Bahreïn a, lui, fait état de deux morts, tôt ce mardi, dans une attaque iranienne qui a touché un immeuble résidentiel à Manama, la capitale.
A des milliers de kilomètres de l'Iran, au Liban, l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapport,é ce mardi matin, de nouvelles frappes israéliennes dans le sud et l'est du pays.
Au moins 486 morts ont été dénombrés dans les frappes israéliennes au Liban, et plus d'un demi-million de personnes ont été déplacées, selon les autorités.











