Avant le dernier Mondial de son double quinquennat, Emmanuel Macron a reçu dimanche soir une soixantaine d’acteurs européens de la filière à l’Élysée lors d’un dîner, sans les constructeurs chinois.
Le président est en première ligne pour défendre l’industrie automobile européenne face à l’afflux de véhicules hybrides chinois. Il plaide aussi pour des transferts de technologie chinois en Europe.
Le président français Emmanuel Macron a salué ce lundi l’accord annoncé vendredi dernier entre l’Union européenne et la Chine. Pékin accepte de freiner sensiblement ses exportations de voitures hybrides vers l’Union européenne (UE).
Le chef de l’État a estimé que l’accord conclu entre Bruxelles et Pékin constituait "le début d’un processus" destiné à rétablir une concurrence "juste et loyale", notamment dans le secteur des véhicules hybrides.
Les importations de voitures hybrides chinoises ont explosé en 2026, atteignant 800 000 unités cette année, à la suite des taxes européennes sur les voitures électriques.
Pékin s’engage à limiter ces importations à 350 000 véhicules par an à compter de 2027.
Il a également annoncé qu’un accord avec l’Allemagne était imminent pour renforcer la compétitivité industrielle européenne, préserver les objectifs de décarbonation et favoriser la production locale.

"On a besoin de défendre un contenu européen pour les véhicules", a-t-il insisté, affirmant que plus de 40 % des véhicules vendus en France en septembre 2026 étaient électriques.
Une industrie malmenée par la concurrence chinoise
L’industrie automobile européenne n’a jamais retrouvé le niveau des ventes d’avant-Covid. Elle est, d’un côté, encadrée par la réglementation européenne, à la fois protectrice du "made in Europe", incitative pour développer l’électrique et contraignante en matière d’objectifs environnementaux.
D’autre part, elle est concurrencée par l’afflux de marques chinoises, qui représentent désormais 10 % des ventes de véhicules en Europe et constitueront plus du tiers des 60 exposants du Mondial.
"Il y a une période chinoise dans l’histoire de l’auto, c’est évident. Il y a eu une période américaine, il y a eu une période allemande", a commenté lundi François Roudier, secrétaire général de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles, sur BFM Business, décrivant "des Chinois qui sont beaucoup plus offensifs à l’export".
Il existe "une position entre la forteresse America de l’administration Trump et la fête à neuneu européenne où tout le monde rentre", a estimé le dirigeant, soulignant que "l’accord sur l’hybride, qui n’est pas finalisé, montre bien que de toute façon, on est dans un système de négociation".
La Chine prête à produire en Europe
François Roudier a aussi salué les "partenariats. On voit de plus en plus la volonté des Chinois de produire en Europe, comme l’ont fait les Japonais, comme l’ont fait les Coréens. L’histoire se répète".
La France fait d’ailleurs partie des pays dans lesquels le constructeur chinois BYD pourrait implanter une nouvelle usine, a déclaré lundi matin la vice-présidente exécutive du groupe, Stella Li, également interrogée par BFM Business sur le salon.
Sur le salon, les visiteurs vont pouvoir tester près de 90 modèles de 20 marques, parmi lesquels des citadines, des berlines et des SUV, électriques ou hybrides, avec plus de 5 000 créneaux d’essais proposés.
Le salon, qui a lieu tous les deux ans dans la capitale, prévoit d’accueillir environ 500 000 visiteurs, comme en 2024.
Stellantis, qui sera présent avec huit marques, va dévoiler la version électrique de sa mythique Citroën 2CV, dont la production s’était arrêtée en 1990 et qui devrait coûter moins de 15 000 euros.
Toutes les marques du groupe Volkswagen sont également attendues, ainsi que Renault, mais aussi Mercedes, Hyundai, Volvo ou Smart, absentes en 2024.
Le commissaire européen était en Chine pour poursuivre un dialogue entamé il y a quelques mois par une Union européenne résolue à agir face à un déficit commercial qui atteint désormais environ un milliard d’euros par jour depuis 2025, avec ses répercussions sur l’industrie et l’emploi européens.






















