La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a mis en garde ce lundi contre une incertitude croissante concernant l’engagement futur des États-Unis au sein de l’OTAN, appelant l’Europe à renforcer ses capacités de sécurité et à mieux anticiper les crises.
S’exprimant lors d’un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, en Arménie, elle a estimé que les débats en cours aux États-Unis sur un possible désengagement du continent européen soulignaient la nécessité pour l’Union européenne de prendre davantage en charge sa propre défense.
"Je ne peux pas dire ce qui va se passer. Nous savons que depuis un certain temps, les États-Unis discutent d’un désengagement de l’Europe, c’est pourquoi je pense que nous devons renforcer notre sécurité et accroître notre capacité de réponse", a-t-elle déclaré à la presse.
La dirigeante italienne a toutefois indiqué qu’elle ne soutiendrait pas un retrait américain d’Italie ou d’autres pays européens. "Il s’agit clairement d’un choix qui ne dépend pas de moi et avec lequel je ne serais pas d’accord", a-t-elle ajouté.
Elle a par ailleurs souligné l’engagement de Italie au sein de l’alliance, affirmant que Rome a toujours respecté ses obligations, y compris dans des opérations où ses intérêts directs n’étaient pas en jeu, notamment en Afghanistan et en Irak.
Plus largement, Giorgia Meloni a appelé l’Union européenne à "élever son niveau" face aux défis mondiaux croissants, estimant que le bloc devait dépasser une logique de réaction aux urgences.
"L’Union européenne a montré qu’elle pouvait répondre aux urgences, mais il est désormais temps qu’elle passe d’une logique réactive à une capacité d’anticipation", a-t-elle déclaré.
Elle a averti qu’une mauvaise gestion des crises risquait d’éroder la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques. "Lorsque les citoyens ont le sentiment que les grands défis ne sont pas maîtrisés, ils perdent confiance dans les institutions", a-t-elle affirmé.
La dirigeante italienne a également critiqué certains aspects de la stratégie de long terme de l’UE, estimant qu’elle ne devait pas se concentrer uniquement sur des pays partageant les mêmes positions, mais aussi sur son voisinage géographique, appelant à une attention accrue à la région méditerranéenne élargie, y compris l’Afrique.
Elle a lié les défis sécuritaires européens à l’instabilité dans les régions voisines et aux enjeux d’approvisionnement énergétique, notant que de nombreuses pressions géopolitiques proviennent de zones cruciales pour les besoins énergétiques de l’Europe.
Giorgia Meloni devait enfin se rendre à Bakou, en Azerbaïdjan, plus tard lundi, afin de discuter d’approvisionnements alternatifs en gaz et en pétrole dans le cadre de ce qu’elle a qualifié de "diplomatie de l’énergie".























