La vie quotidienne en Cisjordanie occupée a été quasiment paralysée mercredi : magasins, banques, écoles et administrations ont fermé leurs portes, tandis que les services essentiels comme les hôpitaux et les boulangeries sont restés ouverts.
Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, était déserte, les citoyens ayant répondu à l'appel à la grève générale.
Cette paralysie fait suite à une directive du Fatah, mouvement qui a condamné la nouvelle loi israélienne autorisant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens, la qualifiant d'« escalade dangereuse » ciblant les Palestiniens et appelant à une mobilisation massive et à une pression internationale pour son abrogation.
Une loi controversée et ses conséquences
Lundi, la Knesset israélienne a approuvé cette loi, autorisant les tribunaux à prononcer la peine de mort contre les Palestiniens reconnus coupables de meurtres intentionnels d'Israéliens, même sans réquisition du procureur ni accord unanime de la justice. Les tribunaux militaires de Cisjordanie occupée appliqueront également cette loi.
Les autorités palestiniennes signalent que 117 détenus pourraient être exécutés en vertu de cette nouvelle loi, alors que la population carcérale dépasse les 9 500 personnes, dont 350 enfants et 73 femmes.
Les responsables palestiniens dénoncent des mauvais traitements systématiques, la famine et la négligence médicale dont sont victimes les détenus.
Ce projet de loi a également suscité des critiques en Israël. En février, environ 1 200 personnalités israéliennes, parmi lesquelles des lauréats du prix Nobel, d’anciens responsables militaires et d’anciens juges de la Cour suprême, ont qualifié cette loi de “tache morale”.
Depuis octobre 2023, les mesures israéliennes contre les détenus palestiniens se sont encore durcies dans un contexte d’agression contre Gaza, qui a fait plus de 72 000 morts et 172 000 blessés, principalement des femmes et des enfants.
L’Indonésie condamne la loi israélienne
Les condamnations internationales de cette loi sur la peine de mort affluent depuis son adoption par Israël.
L’Indonésie a condamné mercredi la décision d’Israël et a appelé à une intervention de l’ONU.
Le ministère indonésien des Affaires étrangères a déclaré : “Une telle politique est inacceptable et porte atteinte au sens de la justice ainsi qu’aux valeurs humanitaires universelles.”
“Cette loi constitue une grave violation du droit international des droits de l’homme et du droit humanitaire, en particulier de la Quatrième Convention de Genève, ainsi que du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la vie et le droit à un procès équitable”, a indiqué le ministère dans un communiqué transmis à l’agence Anadolu.









