L’Iran prépare une liste de conditions à remplir avant la réouverture du détroit d’Ormuz, à la demande des médiateurs pakistanais et qataris, a déclaré Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Il a notamment cité la fin de la guerre dans la région.
Rezaei a indiqué que l’Iran s’était mis d’accord avec Oman sur la mise en place d’un corridor maritime traversant le détroit, dont certaines portions se situeraient dans les eaux omanaises et d’autres dans les eaux iraniennes.
Les navires emprunteraient un chenal central désigné si les États-Unis acceptaient les conditions iraniennes, a-t-il précisé par l’intermédiaire d’un interprète lors d’une interview accordée à Al Manar TV.
Mercredi, une source de haut rang avait indiqué que l’Iran et Oman poursuivaient leurs discussions sur les détails d’un accord concernant cette voie maritime, après que les Gardiens de la révolution eurent annoncé que les deux pays s’étaient entendus sur les modalités de partage du contrôle du détroit et de ses revenus.
Un porte-parole des Gardiens de la révolution a déclaré que l’Iran n’autoriserait pas la réouverture du détroit tant que Washington n’aurait pas levé ce que Téhéran décrit comme un blocus de ses ports, versé des compensations et supprimé les sanctions.
Avant le début de la guerre en février, le détroit assurait le transit d’environ un cinquième des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Le trafic maritime sur cette voie a largement cessé depuis lors.
Islamabad a joué un rôle majeur dans les efforts de médiation, en accueillant des négociations indirectes, en facilitant des cessez-le-feu et en transmettant des messages diplomatiques entre Washington et Téhéran.
Les dirigeants qataris ont également mené une intense diplomatie de navette, se rendant à Téhéran pour promouvoir le dialogue et travaillant à l’élaboration de cadres concernant l’accès maritime et le détroit d’Ormuz.
Menace économique
Rezaei a déclaré que Téhéran ciblerait les intérêts économiques américains si le blocus n’était pas levé.
"Si le blocus se poursuit, nous ciblerons pleinement les intérêts économiques américains, avec intensité et par la force", a déclaré Rezaei, selon la chaîne publique iranienne IRIB.
Il a affirmé que l’Iran avait "brisé le blocus maritime" pendant le cessez-le-feu et exporté entre 70 et 80 millions de barils de pétrole.
Il a ajouté que les ventes de pétrole iranien étaient revenues à leur niveau d’avant les sanctions.
"En plus d’écouler les stocks flottants, nous avons établi de nouvelles routes d’exportation qui s’étendent progressivement", a déclaré Rezaei.
À la mi-juin, l’Iran et les États-Unis ont signé à Islamabad un protocole d’accord en 14 points, avec la médiation du Pakistan et du Qatar.
Le mémorandum prévoyait notamment la fin des hostilités, la réouverture du détroit, la levée du blocus naval américain et le lancement d’un processus de négociations de 60 jours.
Téhéran accuse les États-Unis de ne pas avoir mis en œuvre plusieurs dispositions essentielles du mémorandum et affirme que le détroit ne sera pas totalement rouvert tant que Washington n’aura pas respecté ses engagements.























