POLITIQUE
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L'Azerbaïdjan est en “paix réelle” avec l'Arménie, mais exige une révision de sa Constitution
Bakou estime que la paix avec l'Arménie est déjà une réalité grâce au développement des échanges économiques, tout en faisant de la réforme de la Constitution arménienne une condition essentielle à la signature d'un accord de paix définitif.
L'Azerbaïdjan est en “paix réelle” avec l'Arménie, mais exige une révision de sa Constitution
Bakou estime que la paix avec l'Arménie est déjà une réalité

L'Azerbaïdjan et l'Arménie vivent désormais dans une situation de “paix réelle” et rétablissent progressivement leurs relations commerciales après des décennies de conflit, a déclaré un haut responsable azerbaïdjanais. Toutefois, Bakou maintient son exigence d'une modification de la Constitution arménienne avant la conclusion d'un accord de paix final.

Dans un entretien accordé à Reuters en marge d'un forum organisé cette semaine dans la ville de Choucha, Hikmet Hajiyev, assistant du président azerbaïdjanais et chef du département de politique étrangère de la présidence, a salué les progrès réalisés entre les deux pays, évoquant notamment l'intensification des contacts directs et des échanges commerciaux bilatéraux.

“Nous vivons dans des conditions de paix réelle. Pour l'Azerbaïdjan et l'Arménie, la paix n'est pas seulement un texte ou une déclaration sur le papier : c'est une réalité”, a-t-il déclaré, en citant l'augmentation des livraisons de produits pétroliers azerbaïdjanais vers l'Arménie.

Malgré ces avancées, il a réaffirmé la position de Bakou concernant la Constitution arménienne.

“La forme que prendra cette réforme constitutionnelle relève des affaires intérieures de l'Arménie”, a expliqué Hajiyev.

“Ce qui importe pour l'Azerbaïdjan, c'est que les dispositions que nous considérons comme des revendications territoriales à l'encontre de notre pays soient officiellement supprimées, que ce soit par l'adoption d'une nouvelle Constitution ou par un autre mécanisme juridique”.

“Une fois cette question réglée, nous estimons qu'il n'y aura plus d'obstacle à la signature de l'accord de paix définitif”, a-t-il ajouté.

Des “signaux sérieux et positifs”

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a déclaré vouloir organiser un référendum afin de modifier la Constitution et a indiqué qu'un projet de nouvelle loi fondamentale serait publié d'ici la fin de l'année.

Cependant, son parti, Contrat civil, ne dispose pas de la majorité constitutionnelle nécessaire au Parlement pour convoquer un référendum, et l'on ignore encore si l'opposition acceptera de le soutenir.

Hajiyev a toutefois précisé que la seule publication du projet de Constitution ne suffirait pas à permettre la signature d'un accord de paix.

Il a également indiqué que l'Azerbaïdjan avait reçu des États-Unis des “signaux sérieux et positifs” selon lesquels les travaux de construction d'un corridor de transport soutenu par Washington pourraient débuter dès cet automne.

Ce corridor de 43 kilomètres, qui traverserait le territoire arménien, permettrait à l'Azerbaïdjan d'établir une liaison terrestre directe avec son enclave du Nakhitchevan, puis avec la Türkiye.

Cet axe renforcerait les connexions entre l'Asie et l'Europe, à un moment où Washington cherche à diversifier les routes commerciales et énergétiques afin de réduire leur dépendance à la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine.

“Notre position est que ce projet doit être mis en œuvre le plus rapidement possible”, a déclaré Hajiyev.

Selon lui, les infrastructures menant jusqu'à la région azerbaïdjanaise de Zangilan, dans le sud-ouest du pays, devraient être achevées en grande partie d'ici à la fin de 2026, avant d'être raccordées aux infrastructures prévues en Arménie et en Türkiye.

SOURCE:TRT français et agences