FRANCE
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Mobilisation lycéenne en France: acte V, blocages et manifs
Ce mardi, les blocages de lycées ont repris et des manifestations sont organisées partout en France pour l’"acte V" de la mobilisation des lycéens. Le président Emmanuel Macron exhorte au calme.
Mobilisation lycéenne en France: acte V, blocages et manifs
Un étudiant reçoit des gouttes de collyre après l'utilisation de h-gaz lacrimogènes par la police devant le lycée Toulouse Lautrec à Toulouse

Les blocages ont repris ce matin dans de nombreux lycées, notamment à Paris et à Strasbourg. L’université d’Assas, à Paris, faculté de droit réputée très à droite, est bloquée ce matin. Ce blocage à la faculté d’Assas avait commencé calmement. Des étudiants sont arrivés devant l’université en scandant des slogans revendicatifs, lorsqu’un groupe de personnes habillées en noir leur a jeté des projectiles. Tout est toutefois redevenu calme après l’intervention de la police.

Depuis le 17 septembre et le début de cette mobilisation, à six mois de l’élection présidentielle, les lycéens réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation des bâtiments et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup. Les mouvements étudiants les ont rejoints et, aujourd’hui, plusieurs syndicats appellent à la grève pour soutenir leur mouvement.

"Nous serons au rendez-vous pour protéger cette mobilisation qui est d’intérêt général", a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, hier sur LCI. Le syndicat appelle à la grève ce mardi.

Le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, au centre des manifestations au début du mouvement, est bloqué depuis hier par les professeurs de l’établissement, qui ont passé la nuit dans les bâtiments scolaires. Ils réclament l’absence de sanctions disciplinaires pour les élèves et le paiement des jours de grève. "Le mouvement n’est pas fini, nous restons aux côtés de nos élèves."

Le gouvernement tente de calmer le jeu

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, justifie son annonce de l’arrivée de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus en difficulté. Cette annonce a été moquée, puisque son ministère n’a pas reconduit des milliers de contractuels à la rentrée 2026. "Depuis vendredi, 35 % des remplaçants disponibles ont déjà été affectés", annonce le ministre de l’Éducation nationale sur France Inter.

Il insiste sur le deuxième volet de sa réponse au manque de professeurs: "On est en train de recruter quasiment un millier de personnes, des contractuels". Depuis vendredi, "une centaine de personnes" ont d’ores et déjà été recrutées.

Une manifestation test pour les lycéens

Cet acte V des manifestations lycéennes a valeur de test. Éric Coquerel s’attend à "des manifestations de masse" aujourd’hui à travers la France, a assuré le président LFI de la commission des Finances à l’Assemblée nationale sur TF1.

Deux grandes manifestations sont prévues à Paris. La première partira à 14 h de la place d’Italie jusqu’aux Invalides. Un second défilé, baptisé "Marchons vers Matignon", partira de l’hôtel de Ville avec les organisations Solidaires, FSE, Le Poing Levé et NPA Jeunes.

Et comme ces lycéens ont tout de même eu des cours d’histoire de France, le Potager du Roi, lieu emblématique du château de Versailles, est bloqué ce matin par des manifestants en soutien aux lycéens. Le Potager du Roi abrite l’École nationale supérieure de paysage.

Entre désinvolture et sens des responsabilités, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a trouvé "intéressant de voir les citoyens qui se mobilisent, on ne peut pas évacuer ça d’un revers de la main", a-t-elle déclaré sur LCI.

Les lycéens pourraient lui répondre comme le duc de La Rochefoucauld-Liancourt à Louis XVI, à la question "Est-ce une révolte ?" : "Non, Sire, une révolution".

L’anecdote est célèbre. Cette question du roi de France, après la prise de la prison de la Bastille le 14 juillet 1789, illustre la déconnexion du pouvoir dans les livres d’histoire des élèves français.

SOURCE:TRT français et agences