Immigration: les Nations unies dénoncent le “discours de haine” de Donald Trump

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale dénonce dans un rapport “ l’usage excessif de la force lors des opérations de contrôle de l’immigration”.

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Manifestation anti-ICE après la mort d'un militant / Reuters

Le "discours de haine raciste" tenu par le président américain Donald Trump et d’autres responsables politiques, conjugué à un durcissement des opérations de répression de l’immigration, alimente de graves atteintes aux droits humains, a indiqué, mercredi, l’organe de surveillance de l’ONU.

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) s’est dit profondément préoccupé par la montée d'un "discours de haine raciste" ainsi que par l’usage d’un "langage déshumanisant" et de stéréotypes nuisibles visant les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile aux États-Unis.

Ces groupes ont été décrits "comme des criminels ou comme un fardeau par des responsables politiques et des personnalités publiques influentes au plus haut niveau de l’État, en particulier par son président", a indiqué le comité dans un rapport. 

Cette situation "encourage l’intolérance et peut inciter à la discrimination raciale (et à) des crimes haineux", a-t-il averti.

Ce même comité dénonce en particulier l’usage excessif de la force lors des opérations de contrôle de l’immigration, soulignant qu’au moins huit personnes étaient mortes depuis janvier lors d’opérations de l’ICE ou alors qu’elles étaient sous la garde de l’ICE. 

Le comité appelle Washington à réagir

Le CERD appelle Washington à mener des enquêtes efficaces, approfondies et impartiales sur toutes les violations présumées. Il appelle aussi Washington à condamner publiquement la discrimination raciale et ces discours de haine. 

Le CERD se compose de 18 experts indépendants chargés de surveiller la mise en œuvre par les États d’une convention internationale sur l’élimination du racisme, s’est dit gravement préoccupé par le "recours systématique au profilage racial" par les agents de l’immigration et des douanes (ICE) et d’autres agents déployés dans le cadre de la répression de l’immigration menée par Trump. 

Le ciblage "de personnes d’origine hispanique/latino, africaine ou asiatique et les contrôles d’identité arbitraires (…) ont conduit à l’arrestation massive présumée de réfugiés, de demandeurs d’asile, de migrants et de personnes perçues comme telles", a-t-il précisé.

 Au moins 675.000 personnes expulsées 

Selon le rapport, au moins 675.000 personnes ont été expulsées depuis janvier 2025, date du retour au pouvoir de Donald Trump. 

Le rapport du CERD fait suite à une requête urgente déposée début février par l'influente organisation de défense des droits civiques ACLU (American Civil Liberties Union).

Elle avait demandé une enquête sur les graves violations par les États-Unis de leurs obligations en matière de droits humains dans l'Etat du Minnesota, où deux manifestants ont été abattus par des policiers de l'immigration en janvier.

Des milliers d’agents fédéraux, y compris des agents de l’ICE, ont mené plus tôt cette année, au Minnesota, plusieurs semaines de raids massifs et d’arrestations, que l’administration Trump a présentées comme des opérations ciblant des criminels. 

L’opération controversée a pris fin le mois dernier après une mobilisation et des réactions indignées dans tout le pays après les meurtres de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, tués par balles par des agents fédéraux à Minneapolis, et l’arrestation d’un enfant de cinq ans.

Le Cerd dénonce également l'"augmentation drastique" du nombre de personnes détenues dans les centres de rétention pour migrants, qui serait passé de 40.000 à la fin de 2024 à environ 73.000 au début de cette année. Les conditions de vie sont “inhumaines” dit le rapport et les soins médicaux “inadéquats”. Au moins 29 migrants y sont morts en 2025, et six en janvier 2026