La mort de la journaliste emblématique d’Al Jazeera est restée impunie. L’enquête menée par l’armée israélienne avait rejeté toute responsabilité, et pourtant, la jeune femme, qui portait un casque et un gilet pare-balles siglé "press", a été tuée d’une balle en pleine tête.
Les vidéos tournées par son caméraman montrent bien que l’équipe était postée à l’écart des événements qui avaient lieu à l’entrée du camp de réfugiés de Jénine.
Le Comité pour la protection des journalistes a décidé de relancer l’affaire. "Bien que le FBI ait ouvert une enquête sur son assassinat en novembre 2022, aucun progrès tangible n'a été réalisé", déplore le CPJ dans un courrier adressé au ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, et au directeur du FBI (la police fédérale), Kash Patel.
"Cette absence préoccupante de progrès concrets — quatre ans après la mort d'Abu Akleh — représente un échec profond du gouvernement américain à réagir rapidement et de manière impartiale au meurtre de l'une de ses citoyennes par une armée étrangère", écrit aussi l'ONG de défense de la liberté de la presse.
Israël refuse d’endosser toute responsabilité
Le Premier ministre israélien de l'époque, Naftali Bennett, avait dans un premier temps jugé probable que les tirs proviennent de combattants palestiniens.
Puis, une enquête interne de l'armée israélienne avait conclu à "une forte possibilité que madame Abu Akleh ait été touchée accidentellement par un tir de l'armée israélienne qui visait des suspects identifiés comme des hommes armés palestiniens" et avait refusé d'ouvrir une enquête pénale.
Des enquêtes journalistiques ont, au contraire, avancé que la journaliste avait été délibérément prise pour cible par un tireur d'élite.
Dans un communiqué diffusé par le CPJ, la famille de Shireen Abu Akleh se dit, elle, "profondément déçue par l'absence de mesures concrètes" de la part des administrations de Donald Trump et de Joe Biden avant lui.
"Cette impunité persistante envoie un message dangereux : les journalistes peuvent être pris pour cible sans aucune conséquence", écrivent également ses proches.
Dans son rapport annuel publié en février, le CPJ imputait à Israël la mort des deux tiers des 129 journalistes et employés de presse tués au cours de l'année 2025 dans le monde.
Israël n’hésite pas à cibler directement les journalistes des médias qu’elle juge non alignés sur ses positions, et assure avoir éliminé "un terroriste" après chaque journaliste tué.
Après avoir décimé les rangs des journalistes palestiniens à Gaza, l’armée israélienne a tué plusieurs journalistes au Liban, dont une reporter du quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar, Amal Khalil, tuée le 23 avril dans une frappe israélienne, malgré une trêve en cours.



















