FRANCE
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Deux Français détenus au Togo depuis le 27 juillet, Paris confirme leur détention
Deux ressortissants français, présentés comme des réalisateurs travaillant pour une société de production, sont détenus au Togo depuis leur arrestation le 27 juillet, a indiqué mardi le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.
Deux Français détenus au Togo depuis le 27 juillet, Paris confirme leur détention
“Ils font actuellement l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction”, a déclaré le Quai d’Orsay

“Ils font actuellement l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction”, a déclaré le Quai d’Orsay, précisant que les deux ressortissants avaient reçu trois visites consulaires à ce jour.

Les services du ministère français, à Paris comme à Lomé, sont “pleinement mobilisés” afin de s’assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense, selon la diplomatie française.

L’ambassade de France au Togo et le Bureau de la protection des détenus à Paris sont également en contact avec leur avocat, leur employeur et leurs familles.

Selon des informations rapportées par des médias locaux et citées par BFMTV, les deux hommes seraient des journalistes-réalisateurs dont une production devait être diffusée sur France Télévisions. Les autorités françaises n’ont pas précisé les faits qui leur sont reprochés ni les charges retenues contre eux.

Des informations non confirmées sur une possible affaire diplomatique

Le média togolais L’Alternative affirme de son côté que les deux Français auraient été arrêtés dans le nord du pays par les services de renseignement togolais avant d’être présentés à la justice. Le média affirme également que le président Faure Gnassingbé aurait donné des instructions au ministre de la Justice, Pacôme Adjourouvi, concernant le dossier.

L’Alternative avance en outre que les autorités togolaises chercheraient à obtenir l’extradition vers le Togo du journaliste d’investigation Ferdinand Ayité en échange de la libération des deux ressortissants français. Cette information n’a, à ce stade, pas été confirmée officiellement par les autorités togolaises ou françaises.

Aucune déclaration publique du gouvernement togolais confirmant cette éventuelle demande d’extradition n’a été identifiée à ce stade.

Cette affaire intervient alors que les relations entre Lomé et certains médias français sont marquées par plusieurs tensions.

Radio France internationale (RFI) et France 24 avaient notamment été suspendus de diffusion au Togo en juin 2025, les autorités togolaises leur reprochant d'avoir relayé des “propos inexacts et tendancieux”, selon les informations rapportées par BFMTV.

En avril, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait indiqué avoir plaidé auprès des autorités togolaises pour la levée de cette suspension lors de sa visite à Lomé.

Le cas Ferdinand Ayité

Journaliste d'investigation et directeur de publication du média togolais L’Alternative, Ferdinand Ayité est depuis plusieurs années en conflit avec les autorités de son pays. 

Il avait notamment été arrêté en décembre 2021 avec le journaliste Joël Egah après des propos critiques tenus lors d'une émission diffusée sur YouTube. Des organisations de défense des droits humains avaient alors dénoncé leur détention et demandé leur libération.

Ayité a depuis quitté le Togo. Son nom est aujourd'hui évoqué par L’Alternative dans le cadre de l'arrestation des deux Français, mais aucun élément officiel ne permet pour l'heure d'établir un lien entre les deux dossiers.

Le Togo est également confronté depuis fin 2021 à des incursions de groupes terroristes dans son extrême nord, en provenance notamment du Burkina Faso voisin. Les autorités ont instauré l'état d'urgence dans cette partie du pays, mesure régulièrement prolongée.

À ce stade, Paris confirme la détention et l'ouverture d'une information judiciaire concernant les deux ressortissants français, mais ni les motifs précis de leur arrestation ni l'hypothèse d'une demande d'extradition de Ferdinand Ayité n'ont été officiellement confirmés.

SOURCE:TRT français et agences