Tunisie: sept organisateurs de la flottille pour Gaza placés en détention

En Tunisie, sept organisateurs de la flottille pour Gaza ont été placés en détention par un juge tunisien. Ils sont accusés de blanchiment d’argent, alors que Global Sumud avait annoncé en février un nouveau départ de Flottille.

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La Flottille Global Sumud avait condamné dans un communiqué l'arrestation le 6 mars de ses membres tunisiens dont Wael Naouar / Reuters

Un juge tunisien a ordonné, sur la base de soupçons de "blanchiment d'argent", le placement en détention provisoire de sept membres de la nouvelle flottille qui a prévu de se rendre à Gaza au printemps, selon leur avocat.

Des manifestants se sont rassemblés devant le pôle judiciaire financier à Tunis, chargé de l'enquête, pour protester contre leur interpellation.

Après leur audition et dix jours de garde à vue, un mandat de dépôt a été prononcé à leur encontre, notamment pour "formation d'une entente pour blanchiment d'argent", a précisé Me Sami Ben Ghazi.

Cette affaire est en relation avec la collecte d'argent organisée lors d'une première opération de la "Global Sumud Flotilla" en septembre 2025, a ajouté l'avocat, sans plus de détails. 

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés lundi devant le pôle judiciaire financier à Tunis, chargé de l'enquête, pour protester contre l'interpellation des sept organisateurs tunisiens.

"Le régime réprime toute action de militantisme politique, social, y compris en soutien à la cause palestinienne. Il s'agit toujours du même processus, d'utiliser des chefs d'accusation sans fondement, notamment le blanchiment d'argent, en s'appuyant sur une justice aux ordres", a déploré Mahdi Elleuch, un activiste de la société civile. 

"Rupture de solidarité"

La Flottille Global Sumud avait condamné dans un communiqué l'arrestation le 6 mars de ses membres tunisiens dont Wael Naouar, son épouse Jawaher Channa, Sana Msahli, Nabil Channoufi et Mohamed Amine Bannour.

Selon la même source, ces détentions, "combinées avec des interdictions répétées de rassemblements légaux", marquent "une rupture troublante avec la longue histoire de solidarité de la Tunisie avec le peuple palestinien".

Les organisateurs de la Flottille ont affirmé avoir été "violemment empêchés" début mars par la police d'entrer dans le port de Sidi Bou Saïd, près de Tunis, le principal port d'où ils étaient partis l'an dernier.

En octobre dernier, les militants de la Flottille Global Sumud avaient tenté de briser le blocus imposé par Israël et d'atteindre le territoire palestinien pour y acheminer de l'aide par voie maritime, avant d'être arrêtés et expulsés après l'interception de leurs embarcations par Israël. 

En février, ils avaient annoncé préparer une nouvelle mission en direction du territoire à partir de plusieurs pays méditerranéens dont la Tunisie.

Global Sumud a décrit son action comme "une réponse non violente au génocide, au siège, à la famine de masse et à la destruction de la vie civile à Gaza".